‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 472 sur 583 · Par., viu, 9. B · texte numérisé non relu

Par., viu, 9. B

phes ', beaucoup plus digne de gloire, si la vanité ne lui eût pas fait traîner son char par les rois vaincus ^ Il semble qu'il ait dédaigné de mourir comme les autres hommes. Devenu aveugle dans sa vieillesse, il se donna la mort à lui-même, et laissa l'Egypte riche à jamais. Son empire pourtant ne passa pas la quatrième génération. Mais il restait encore, du temps de Tibère, des monuments magnifiques ^, qui en marquaientl'étendue et la quantité des tributs*. L'Egypte retourna bientôt à son humeur paciûque. On a même écrit que Sésostris fut le premier à ramollir % après ses conquêtes, les mœurs de ses Égyptiens, dans la crainte des révoltes ^. S'il le faut croire, ce ne pouvait être qu'une précaution qu'il prenait pour ses successeurs ; car pour lui, sage et absolu comme il était, on ne voit pas ce qu'il pouvait craindre de ses peuples, qui l'adoraient. Au reste, cette pensée est peu digne d'un si grand prince ; et c'était mal pourvoir à la sûreté de ses conquêtes, que de laisser affaiblir le courage de ses sujets. Il est vrai aussi que ce grand empire ne dura guère. Il faut périr par quelque endroits La division se mit en Egypte. Sous Anysis l'aveugle, l'Éthiopien Sabacon envahit le royaume^ : il en traita aussi bien les peuples, et y fit d'aussi grandes choses qu'aucun des rois naturels. Jamais on ne vit une modération pareille à la sienne, puisqu'après cinquante ans d'un règne heureux, il retourna en Ethiopie, pour obéir à des avertissements qu'il crut divins. Le royaume abandonné tomba entre les mains de Sethon, prêtre de Vulcain ', prince

1. Cf. le po! trait de Sésoslris par Tautcur du Télàmaque, liv. U.— Fénelon néglige le guerrier, le conquérant, et insiste beaucoup plus que lîossuet sur les vertus pacifiques du chef de peuples.

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