Ramollir. V. plus haut, p
6. Nymphod., lib. XIH Rer. barbar., Va eicerptis post Herodot. B,
7. ... Il fact périb par quelque kw- DRoiT. Mouvement de regret, cri mélancolique du sincère admirateur des grandeurs humaines, et, tout ensemble, avertissement inipiri' ui du philosophe chrétien : de tels traits soudains portent tellement la marque de Bossuet, que, même hors de leur place, ils pourraient le faire reconnaître.
8. Hérod., lib. II, cap. 137; Diod., lib. I, sect. 2, n. S8. B.
9. Les Grecs désignaient ainsi(Héphxs* tos, Vulcain) le dieu Phla des Égyptiens,
religieux à sa mode', mais pou guerrier, et qui acheva d'énerver la milice en maltraitant les gens de guerre. Depuis ce temps l'Egypte ne se soutint plus que par des milices étrangères. On trouve une espèce d'anarchie. On trouve douze rois choisis par le peuple, qui partagèrent entre eux le gouvernement du royaume , C'est eux qui ont bâti ces douze palais qui composaient le Labyrinthe. Quoique l'Egypte ne pût oublier ses magnificences, elle fut faible et divisée sous ces douze princes. Un d'eux (ce fut Psammiliquc) se rendit le maître par le secours des étrangers. L'Egypte se rétablit, et demeura assez puissante pendant cinq ou six règnes. Enfin cet ancien royaume, après avoir duré environ seize cents ans, affaibli parles rois de Babyloneet par Cyrus, devint la proie de Cambyse, le plus insensé * de tous les princes.
Ceux qui ont bien connu l'humeur de l'Egypte ont reconnu qu'elle n'était pas belliqueuse' : vous en avez vu les raisons. Elle avait vécu en paix environ treize cents ans quand elle produisit son premier guerrier, qui fut Sésostris. Aussi, malgré sa milice si soigneusement entretenue, nous voyons sur la fin que les troupes étrangères font toute sa force, qui est un des plus grands défauts* qu e
i. A SA MODE. Bossuet ajoute ce mot, empreint d'ironie, à cause des dévotions superstitieuses où ce roi, dit-on, s'ou- Miait.
2. Le plus insensé. Bossuet tient à terminer son récit sur ce mot. Voilà la fin du plus sage des peuples!
3. Strab., lib. XVII. B. — 11 y aurait encore à indiquer d'autres causes morales et politiques de cette décadence, La science moderne a complété et parfois rectifié ce tableau de la grandeur et du déclin de l'Egypte. Après tout, Bossuet a été, dans ce peu de pages, l'historien sublime et vrai d'un grand peuple. Voltaire, dont le génie douleur el moqueur s'est tant égayé aux dépens de l'antique Egypte, a dit lui-même, dans un moment d'admiration involontaire et de justice : o On doit d'abord admirer ce peuple de ce qu'il existait. Quels travaux ne fallait-il pas pour forcer le Nil à lui servir de défenseur et de nourricier?,,. Il fallut ensuite trans-
porter sur des canaux des niasses énormes de marbres de toute espèce, pour bâlir ces superbes villes qui firent l'étonnement de toutes les nations. Leur religion était sublime, avant qu'elle dégénérât en superstition ridicule. Ils n'adoraient qu un Dieu, maître, de la nature... Les anciennes lois d'Egypte ont mérité d'être célébrées par l'éloquent Bossuet, et nous leur rendons un continuel hommage par notre impuissance d'atteindre à leur sagesse. » Éd.
Beuchot, t. XLIX, Mélanges, p. 107.
4. Nous dirions, ce qui est undesplus grands défauts... — Cette ellipse du démonstratif n'était pas encore comptée au nombre des fautes. Madame de Sévigné disait : « Le comte de Grignan a la psrmission de ne pas venir, qui est une grande dépense épargnée. » — « Madame de Dreux fut admonestée, qui est une très-légère peine. • C'est absolument le quod des Latins. V. plus haut, p. 444, n. 2.
SUR L'HISTOIRE UiNIVERSELLE.
puisse avoir un État. Mais les choses humaines ne sont point parfaites, et il est malaisé d'avoir ensemble dans la perfection les arts de la paix avec les avantages de la guerre. C'est une assez belle durée d'avoir subsisté seize siècles '. Quelques Éthiopiens ont régné à Thèbes dans cet intervalle, entre autres Sabacon, et, à ce qu'on croit, Tharaca. Mais l'Egypte tirait cette utilité de l'excellente constitution de son État, que les étrangers qui la conquéraient entraient dans ses mœurs plutôt que d'y introduire les leurs : ainsi, changeant de maîtres, elle ne changeait pas de gouvernement. Elle eut peine à souffrir les Perses, dont elle voulut souvent secouer le joug. Mais elle n'était pas assez belliqueuse pour se soutenir par sa propre force contre une si grande puissance ; et les Grecs qui la défendaient, occupés ailleurs, étaient contraints de l'abandonner : de sorte qu'elle retombait toujours sous ses premiers maîtres, mais toujours opiniâtrement attachée à ses anciennes coutumes, et incapable de démentir les maximes de ses premiers rois. Quoiqu'elle en retînt ^ beaucoup de choses sous les Ptolomées, le mélange des mœurs grecques et asiatiques y fut si grand, qu'on n'y reconnut presque plus l'ancienne Egypte.
Il ne faut pas oublier que les temps des anciens rois d'Egypte sont fort incertains, même dans l'histoire des Égyptiens. On a peine à placer Osymandyas, dont nous voyons de si magnifiques monuments dans Diodore ', et de si belles marques de ses combats \ H semble que les Égyptiens n'aient pas connu le père de Scsostris,qu'Hérodote et Diodore n'ont pas nommé*. Sapuissance est encore plus marquée par les monuments qu'il a laissés dans toute la terre, que par les mémoires de son pays; et ces
1. L'empire des Pharaons ne remonterait donc pas au delà de l'an 2000.
Toutes les recherches qui ont été faites depuis Bossuet sur l'antiquité de cet empire, concluent à une date plus reculée.