‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 476 sur 583 · Strisb.,lib. XVJ. B · texte numérisé non relu

Strisb.,lib. XVJ. B

SUR L'HISTOIRE UiNIVERSELLE. 485

assez. Mais comme les historiens les plus judicieux * ne font pas cette monarchie si ancienne que les autres nous la représentent, ils ne la font pas non plus si grande. On voit durer trop longtemps les petits royaumes * dont il la faudrait composer, si elle était aussi ancienne et aussi étendue que le fabuleux Gtésias', et ceux qui l'en ont cru sur sa parole, nous la décrivent. Il est vrai que Platon *, curieux observateur des antiquités, fait le royaume de Troie, du temps de Priam, une dépendance '" de l'empire des Assyriens. Mais on n'en voit rien dans Homère, qui, dans le dessein qu'il avait de relever la gloire de la Grèce, n'aurait pas oublié cette circonstance; et on peut croire que les Assyriens étaient peu connus du côté de l'Occident, puisqu'un poëte si savant et si curieux d'orner son poëme de tout ce qui appartenait à son sujet, ne les y fait point paraître.

Cependant, selon lasupputation que nous avonsjugée la plus raisonnable, le temps du siège de Troie était le beau temps des Assyriens, puisque c'est celui des conquêtes de Sémiramis*; mais c'est qu'elles s'étendirent seulement vers l'Orient. Ceux qui la flattent le plus lui font tourner ses armes de ce côté -là ^ Elle avait eu trop de part aux conseils et aux victoires de Ninus pour ne pas suivre ses desseins, si convenables d'ailleurs à la situation de son empire; et je ne crois pas qu'on puisse douter que Ninus ne se soit attaché à l'Orient, puisque Justin même, qui le favorise autant qu'il peut, lui fait terminer*aux frontières de la Libye les entreprises qu'il fit du côte de l'Occident,

1. llcrud., IH). I, c. 178, etc. ; Dion, llalic, AH^ rom. , lib. I ; Praef. App., Piaef. op. B. — L'est ptut-ètre faire beaucoup d'huiincur à Dcuys d'Halicaruasse, q.e de le mettre au nombre des historiens lesplus judicieux. Of. p. 66, n. 6.

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