‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 478 sur 583 · TEaitiKEB. Borner, limiter. Ter · texte numérisé non relu

TEaitiKEB. Borner, limiter. Ter

Je ne sais donc plus en quel temps Ninive aurait poussé ses conquêtes jusqu'à Troie, puisqu'on voit si peu d'apparence que Ninus et Sémiramis aient rien entrepris de semblable ; et que tous leurs successeurs, à commencer depuis leur fils Ninyas, ont vécu dans une telle mollesse et avec si peu d'action, qu'à peine leur nom est-il venu jusqu'à nous, et qu'il faut plutôt s'étonner que leur empire ait pu subsister, que de croire qu'il ait pu s'étendre.

Il fut sans doute beaucoup diminué par les conquêtes de Sésostris '; mais comme elles furent de peu de durée, et peu soutenues par ses successeurs, il est à croire que les pays qu'elles enlevèrent aux Assyriens, accoutumés dès longtemps à leur domination, y retournèrent naturellement: de sorte que cet empire se maintint en grande puissance et en grande paix, jusqu'à ce qu'Arbace ayant découvert la mollesse de ses rois, si longtemps cachée dans le secret du palais, Sardanapale, célèbre par ses infamies, devint non-seulement méprisable, mais encore insupportable à ses sujets.

Vous avez vu les royaumes qui sont sortis du débris de ce premier empire des Assyriens, entre autres celui de Ninive et celui de Babylone. Les rois de Ninive retinrent^ le nom de rois d'Assyrie, et furent les plus puissants. Leur orgueil s'éleva bientôt au delà de toutes bornes par les conquêtes qu'ils firent, parmi lesquelles on compte celle du royaume des Israélites ou de Samarie.Il ne fallut rien moins que la main de Dieu, et un miracle visible, pour les empêcher d'accabler la Judée sous Ézéchias; et on ne sut plus quelles bornes on pourrait donner à leur puissance, quand on leur vit envahir un peu après dans leur voisinage le royaume de Babylone, où la famille royale était défaillie ^.

minore. V. p. 237, 29b, 310. 474.

1. On a vu plus haut, p. 42 et 479, que Bossuet, par un synchronisme des plus contestables, faisait Sésostris contenipoiain du fils de Salonion.

2. Retinrent lb nom. — On a déjà \u plus d'une fois retenir, au sens de garder, conserver [relinere]. — «Quoitjue

l'Egypte en retînt beaucoup de choses (de son ancien état) sous les Ptolomées.,» p. 483.

3. Etait défaillie. Au sens du latin I defecerat, avait fait diifaut, s'était éteinte. Avait défaUli S' rait aujourd'hui plus régulier. Ce verbe sert plus souvent, à cette heure, pour eiprinier l'af-

Babylone semblait être née pour commander à toute la terre. Ses peuples étaient pleins d'esprit et de courage. De tout temps la philosophie ^ régnait parmi eux avec les beaux-arts, et l'Orient n'avait guère de meilleurs soldats que les Chaldéens *. L'antiquité admire les riches moissons d'un pays que la négligence de ses habitants laisse maintenant sans culture; et son abondance le Gtregarder, sous les anciens rois dePerse, comme la troisième partie d'un si grand empire ^ Ainsi les rois d'Assyrie, enflés d'un accroissement qui ajoutait à leur monarchie une ville si opulente, conçurent de nouveaux desseins. NabuchodonosorI" crut son empire indigne de lui, s'il n'y joignait tout l'univers*. Nabuchodonosorll^, superbe plus que tous les rois ses prédécesseurs, après des succès inouïs et des conquêtes surprenantes, voulut plutôt se faire adorer comme un dieu, que commander comme un roi. Quels ouvrages n'entreprit-il point dans Dabylone ! Quelles murailles, quelles tours, quelles portes et quelle enceinte y vit-on paraître ! Il semblait que l'ancienne tour de Babel allât être renouvelée dans la hauteur prodigieuse du temple de Bel, et que Nabuchodonosor voulût de nouveau menacer le ciel ®, Son orgueil, quoique abattu parla main de Dieu, ne laissa pas de revivre dans ses successeurs. Ils ne pouvaient souffrir autour d'eux aucune domination; et, voulant tout mettre sous le joug, ils devinrent insupportables aux peuples voisins. Cette jalousie réunit contre eux, avec les rois de Médie et les rois de Perse, une grande partie des peuples d'Orient. L'orgueil se tourne aisément en cruauté. Comme

faiblissement, la défaillance, que pour | marquer l'auéantissement, le défaut.

1. Allusion à l'antique répulation de science el de sagesse des prêtres chaidéi'fis.

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