Herod., lib. I, c. 192. U
4. Alliance de mots assez iuattendue [joindre à son empire — l'univers l), mais eicellente, pour faire entendre l'ambition démesurée de ces conquérants, et leur ivresse d'orgueil.
5. Dans l'intervalle de ces deux règnes, il s'est passé un événement consi-
dérable, que Bossuetne juge pas nécessaire de rappeler ici : Ninive, séjour du premier Nabiichodonosor, est tom bée sous les coups des Babyloniens, et l'empire a été transféré à Babylone par un gouverneur de cette dernière ville (Nabopolassar?;.
6. L'historien a dit plus haut,de Babel : c Dieu ne leur permit pas de porter cet ouvrage comme ils l'espéraient jusqu'aux nues, ni de menacer, pour ainsi parler, le ciel par l'élévation de ce hardi bâtiment.^ P. 196. — Faciamusturrim,cujus culraen pertingat ad ccelum. Gen., XI.
DISCOUKS
les rois de Babylone traitaient inhumainemeut leurs sujets, des peuples entiers, aussi bien que des principaux seigneurs * de leur empire, se joignirent à Cyrus et aux Mèdes '. Babylone, trop accoutumée à commander et h vaincre, pour craindre tant d'ennemis ligués contre elle, pendant qu'elle se croit invincible, devint captive des Modes qu'elle prétendait subjuguer, et périt enfin par son orgueil.
La destinée de cette ville fut étrange, puisqu'elle périt par ses propres inventions. L'Euphrate faisait à peu près dans ses vastes plaines le même effet que le Nil dans celles d'Egypte : mais, pour le rendre commode ', il fallait encore plus d'art et plus de travail que l'Egypte n'en employait pour le Nil. L'Euphrate était droit dans son cours, et jamais ne se débordait*. Il lui fallut faire ^ dans tout le pays un nombre infini de canaux^, afin qu'il en pût arroser les terres, dont la fertilité devenait incomparable par ce secours. Pour rompre la violence de ses eaux trop impétueuses, il fallut le faire couler par mille détours, et lui creuser de grands lacs, qu'une sage reine revêtit® avec une magnificence incroyable. Nitocris, mère de Labynithe, autrement nommé Nabonide ou Baltasar, dernier roi de Babylone, fit ces grands ouvrages. Mais cette reine entreprit un travail bien plus merveilleux : ce fut d'élever sur l'Eupbrate un pont de pierre, afin que les deux côtés de la ville, que l'im-
1. Dbs principabx.. . L'autfur a-t-il voulu, par exception, el parce que Tadjectif s'unit ici d'une façon panicuiièie au substanlif qu'il précède, dire. Des principaux seigneurs, comme on dit, Des petits-maîtres? comme Bo'deau a dit,
La llacédoine eût eu des petites-maisons. Sat. Vin.
11 est plus probable qu'il n'a pas singé à cette différence. Il a dit ailleurs : n Quand Dieu fat ou promet des grandes grâces. ..•> Médit.s.l' Ev., la Cène,7{)' jour. La règle, sur ce point, n'était pas en core uniformément respectée. .Aiadauie de Sévigné disait : « Des grosses larmes lui tombent des yeux. » — « Vous aurez passé sur de$ petits ponts. •