‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 493 sur 583 · Apres avoir ainsi décrit, en regard · texte numérisé non relu

Apres avoir ainsi décrit, en regard

sarcler et défendre ce qu'il fallait ; et, ce qui est plus grand encore, un courage que l'amour de la liberté et celui de la patrie rendait invincible.

Les Grecs, naturellementplcinsd'esprit et de courage, avaient été cultivés* de bonne beure par des rois et des colonies venues d'Egypte, qui, s'étant établies dès les premiers temps en divers endroits du pays, avaient répandu partout cette excellente police des Égyptiens. C'est de là qu'ils avaient appris les exercices du corps, la lutte, la course à pied, la course à cheval et sur des chariots, et les autres exercices qu'ils mirent dans leur perfection par les glorieuses couronnes des jeux Olympiques ^. Mais ce que les Égyptiens leur avaient appris de meilleur était à se rendre dociles 3, et à se laisser former par les lois pour le bien public. Ce n'était pas des particuliers qui ne songent qu'à leurs affaires, et ne sentent les maux de l'État qu'autant qu'ils en souffrent euxmêmes, ou que le repos de leur famille en est troublé : les Grecs étaient instruits à se regarder, et à regarder leur famille comme partie d'un plus grand corps, qui était le corps de l'État. Les pères nourrissaient leurs enfants dans cet esprit; et les enfants apprenaient dès le berceau à regarder la patrie comme une mère commune, à qui ils appartenaient plus encore qu'à leurs parents. Le mot de civilité ne signifiait pas seulement parmi les Grecs la douceur et la déférence mutuelle qui rend les hommes sociables *: l'homme civil n'était autre chose qu'un bon

rune de l'autre, la milice perse et la milice grecque, il resie à les montrer aux prises dans leur grande luite. Bossuet n'y manquera pas (V. plus loin) ; mais il veut d'abord nous faire entrer dans le fond de la Grècp, nous dire ce qu'ét.ùt l'esprit, la civilisation de ce peuple, et à quelles sources étaient puisés le patriotisme et le courage de ses armées.

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