‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 497 sur 583 · V. Horace, Épilres, I, ii, v. 3 et · texte numérisé non relu

V. Horace, Épilres, I, ii, v. 3 et

4. Ayant ainsi dévoilé l'esprit de la Grèce, Bossuet revient au parallèle commencé plus haut entre la Grèce et l'Asie, pour y ajouter les derniers traits, et leg

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et l'objet le plus odieux qu'eût toute la Grèce étaient* les Barbares *.

Cette haine était venue aux Grecs dès les premiers temps, et leur était devenue comme naturelle ^ Une des choses qui faisait ' aimer la poésie d'Homère, est qu'il chantait les victoires et les avantages de la Grèce sur l'Asie ®. Du côté de l'Asie était Vénus, c'est à- dire les plaisirs, les folles amours et la mollesse : du côté de la Grèce était Junon, c'est-à-dire la gravité avec l'amour conjugal ; Mercure avec l'éloquence, Jupiter et la sagesse politique. Du côté de l'Asie était Mars impétueux et brutal, c'est-à-dire la guerre faite avec fureur : du côté de la Grèce était Pallas, c'esl-à-dire l'art militaire, et la valeur conduite par esprit *. La Grèce, depuis ce temps, avait toujours cru que l'intelligence et le vrai courage était son partage naturel. Elle ne pouvait souffrir que l'Asie pensât à la subjuguer; et en subissant ce joug, elle eût cru assujettir la vertu à la volupté, l'esprit au corps, et le véritable courage à une force insensée qui consistait seulement dans la multitude ''.

La Grèce était pleine de ces sentiments, quand elle fut attaquée par Darius, fils d'Hystaspe, et par Xerxès, avec des armées dont la grandeur paraît fabuleuse, tant elle est énorme. Aussitôt chacun se prépare à défendre sa liberté *. Quoique toutes les villes de Grèce fissent au-

4. L'objet... ÉTAIENT. Accordsylleptique. , doivent trouver leur compte dans ce

i.lsoc.,Paneg.\i. — Bossuet,enpéné- passage. — Bossuet poursuit jusque

trant de plus en plus dans les senti- dans la mythologie de illiade, étudiée

Dients qu il décrit, semble partager lui- symboliquement, ce grand contraste

même l'enthousiasme des Grecs pour leur libre patrie, et l'horreur que leur inspirait la servitude des barbares d'Orient.

i;(0|ity. Isocraie, P<(He(jr.,c. 4i.

4, FAiiAiT. Le singulier, par syllepse.

du monde oriental et du monde grec, qu'il s'attache à mettre en lumière.

Vue originale, plus ingénieuse, peutêtre, qu exacte. L'Orient, dans Uomère, a-t-il des dieux à lui, images de ses mœurs et de son génie,? N'oublions pas

5. Cette explication de la popularité ^ que dans l'Iliade, à côté de Mars et de d'Homère est d'Isocrate. Pa«., même ch. ■ Vénus, combat aussi Phébus-ApoUun,

6. Par esprit, et non par l'esprit. Sur j le dieu du jour, le dieu des devins et cette suppression de l'article, v, p. 127, des poêles, un des plus nobles dieux n. 3, et p. 229, n. 5. grecs. La vérité est que les dieux d'Ho-

7. Ceux qui demandent aux hislo- | mère, qu'ils soient pour ou contre Troie, rieus dt- montrer, dansées granJs cou- i sont plus ou moins fils de l'Ionie. flils de peuples et d'sumées, le choc des 1 i. Adssitôt chacun... — Voici le récivilisations, comme on dit, et des idées, | oit, le tableau qui doit montrer la Grèce

SUR L'HISTOIRE UNIVERSr.LLE.

tanlde républiques, l'intérêt commun les réunit, et il ne s'agissait entre elles que de voir qui ferait le plus pour le bien public. Il ne coûta rien aux Athéniens d'abandonner leur ville au pillage et h l'incendie ; et, après qu'ils eurent sauvé leurs vieillards et leurs femmes avec leurs enfants, ils mirent sur des vaisseaux tout ce qui était capable de porter les armes. Pour arrêter quelques jours l'armée persienne à un passage difficile, et pour lui faire sentir ce que c'était que la Grèce, une poignée de Lacédémoniens courut avec son roi h une mort assurée, contents en mourant * d'avoir immolé î\ leur patrie un nombre infini de ces Barbares, et d'avoir laisséà leurs compatriotes l'exemple d'une hardiesse inouïe. Contre de telles armées et une telle conduite *, la Perse se trouva faible ^, et éprouva plusieurs fois, à son dommage, ce que peut la discipline contre la multitude et la confusion, et ce que peut la valeur conduite avec art contre une impétuosité aveugle.

Il ne restait à la Perse, tant de fois vaincue, que de mettre la division parmi les Grecs ; et l'état même où ils se trouvaient par leurs victoires * rendait cette entreprise facile \ Comme la crainte les tenait unis, la victoire et la confiance rompit l'union. Accoutumés à combattre et à vaincre, quand ils crurent n'avoir plus à craindre la puissance des Perses, ils se tournèrent les uns contre les autres. Mais il faut expliquer un peu davantage cet état des Grecs, et ce secret de la politique persienne.

Parmi toutes les républiques dont la Grèce était com-

à rœuvrc contre les Barbares. Le début est plein de feu.

Ergo omnis furiis surrexit Grœcia juslis. Virg.,^n.,YIlI, 494.

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