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6. Conséquence très-juste. L'ambitieux est d'autant plus insatiable de pouvoir, qu'il est moins sensible aux jouissances que le pouvoir procure.
7. Si exquis. — Mot heureux, que Bossuet a bien fait de tenir en réserve pour ces hommes, privilégiés de nature, qui formaient les armées de r.imon, l'auditoire de Péricles, le public de Sophocle, d'Aristophane et de Phidias.
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retenir. Un sage Athénien ', et qui connaissait admirablement le naturel de son pays, nous apprend que la crainte était nécessaire à ces esprits trop vifs et trop libres, et qu'il n'y eut plus moyen de les gouverner quand la victoire de Sal aminé les eut rassurés contre les Perses.
Alors deux choses les perdirent : la gloire " de leurs belles actions, et la sûreté où ils croyaient être. Les magistrats n'étaient plus écoutés ; et comme la Perse était affligée par une excessive sujétion, Athènes, dit Platon, ressentit les maux d'une liberté excessive.
Ces deux grandes républiques, si contraires * dans leurs mœurs et dans leur conduite, s'embarrassaient * l'une l'autre dans le dessein qu'elles avaient d'assujettir toute la Grèce ; de sorte qu'elles étaient toujours ennemies, plus encore par la contrariété de leurs intérêts que par l'incompatibilité de leurs humeurs.
Les villes grecques ne voulaient la domination ni de l'une ni de lautre ; car, outre que chacun souhaitait pouvoir conserver sa liberté, elles trouvaient l'empire de ces deux républiques trop fâcheux. Celui de Lacédémone était dur. On remarquait dans son peuple je ne sais quoi de farouche. Un gouvernement trop rigide et une vie trop laborieuse y rendait les esprits trop fiers '\ trop austères, et trop impérieux'; joint qu'il ''fallait se résoudre à n'être jamais en paix sous l'empire d'une
1. Plat., De leg., lib. HI. B. | 4. S'EMBARRAssiiENx. S'entravaient
2. La OLOiRB. Ce mot s'employait quel- mutuellement, se faisaient obstacle. Ce quefois pour désigner les sentiments mot garde souvent chez Bossuet toute la d'une âme glorieuse, et se rapprochait force de sa signification première. En fort, en ce cas, pour le sens, du mot or- parlant des obstacles que Justinien jagiteil : a.ccey>l'wn analogue à l'une de eel- loux suscitait lui-même à Bélisaire etâ les que prcuait gloria, chez les Latins. Narsès, il a dit: • L'empereur les «nl'anlu» amor flomm et geneianJi gloria mellis. barrassait toujours, plus qu'il ne leur
viRG.,G., n', 205. donnait d'assistance. » p. 152; et, de
0 Quand les princes négligeant leurs Constantin Copronyme, aux prises avec affaires... n'ont de gloire que pour le un compétiteur redoutable : «Ce prince, luxe.. .• 0. F. de la Reine d'Angleterre. I e»îia;)-as«e dans l'Orient, ne songeait — 0 Si l'on n'y prend garde, en épurant qu'à s'établir. • p. 164 ; et de Stilicon : son jugement et son esprit, on nourrit j « Ce général embarrassé de tant de en soi insensiblement une (//oiVe cachée j barbares... ' p. 144. et intérieure, qui est d'autant plus à I 5. Fiers. Itudes, intraitable. Feri, craindre... » i" S. pour une profession. | 6. Arist., Po/ît., lib. VllI, c , i.B.
3. Contraires. Différentes du tout au 7. Joint qcb. Sur cette Uaison, qui tout : à Topposite l'une de l'autre. Con- \ a vieilli, t. plus haut, p. iSl.
trariœ. l
ville qui, étant formée pour la guerre, ne pouvait se conserver qu'en la continuant sans relâche *. Ainsi les Lacédémoniens voulaient commander, et tout le monde craignait qu'ils ne commandassent *. Les Athéniens étaient naturellement plus doux et plus agréables. 11 i^'y avait rien de plus délicieux à voir que leur ville, où les fêtes et les jeux étaient perpétuels; où l'esprit, où la liberté et les passions donnaient tous les jours de nouveaux spectacles •'. Mais leur conduite inégale déplaisait à leurs alliés, et était encore plus insupportable à leurs sujets. Il fallait essuyer les bizarreries d'un peuple flatté, c'est-à-dire, selon Platon, quelque chose de plus dangereux que celles d'un prince gâté par la flatterie.
Ces deux villes ne permettaient point à la Grèce do demeurer en repos. Vous avez vu la guerre du Péloponnèse, et les autres toujours causées ou entretenues par les jalousies de Lacédémone et d'Athènes ; mais ces mêmes jalousies, qui troublaient la Grèce, la soutenaient en quelque façon, et l'empêchaient de tomber dans la dépendance de l'une ou de l'autre de ces répubhques.
Les Perses aperçurent bientôt cet état de la Grèce. Ainsi tout le secret de leur politique était d'entretenir ces jalousies, et de fomenter ces divisions. Lacédémone, qui était la plus ambitieuse, fut la première à les faire entrer dans les querelles des Grecs. Ils y entrèrent dans le dessein de se rendre maîtres de toute la nation; et soigneux d'afi"aiblir les Grecs les uns par les autres, ils n'attendaient que le moment de les accabler tous ensemble. Déjà les villes de Grèce ne regardaient * dans