‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 502 sur 583 · Ce sens figuré du verbe regarder · texte numérisé non relu

Ce sens figuré du verbe regarder

leurs guerres que le roi de Perse, qu'elles appelaient le grand Roi -, ou le Roi par excellence, comme si elles se fussent déjà comptées pour sujettes; mais il n'était pas possible que l'ancien esprit de la Grèce ne se réveillât, à la veille de tomber dans la servitude, et entre les mains des Barbares. De petits rois grecs entreprirent de s'opposer à ce grand roi, et de ruiner son empire. Avec une petite armée, mais nourrie dans la discipline que nous avons vue, Agésilas, roi de Lacédémone, fit trembler les Perses dans l'Asie Mineure ^ et montra qu'on les pouvait abattre. Les seules divisions de la Grèce arrêtèrent ses conquêtes; mais il arriva dans ces temps-là que le jeune Cyrus, frère d'Artaxerxe, se révolta contre lui. Il avait dix mille Grecs dans ses troupes, qui seuls ne purent être rompus ^ dans la déroute universelle de son armée. 11 fut tué dans la bataille, et de la main d'Artaxerxe, à ce qu'on dit. Nos Grecs * se trouvaient sans protecteur au milieu des Perses et aux environs de Babylone. Cependant Artaxerxe victorieux ne put ni les obliger à poser volontairement les armes, ni les y forcer. Ils conçurent le hardi dessein de traverser en corps d'armée tout son empire^ pour retourner en leur pays, et ils en vinrent à bout ^ C'est la belle histoire qu'on trouve si bien racontée par Xénophon, dans son livre de la Retraite des dix mille, ou de l'Expédition du jeune Cyrus. Toute la Grèce vit alors, plus que jamais, qu'elle nourrissait'' une milice invincible à laquelle tout devait cc-

fréquent au xvii* siècle, répond tout à fait à celui du spectare ad des Latins.

— « La Grèce tenait alors (après Salamine) l'empire de la mer; mais elle ne regardait que l'Orient et les Perses. » P. 72.— • Quand les Romains se virent les maîtres de l'Italie, ils commencèrent à regarderXti affaiies du dehors. » P. 91.

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