Tout sos EsipinE. Six cents lîeues de pays ennemi
6. Et ils ex vinrent a bout. Après ce qui vient d'être dit de Tétonnant dessein formé par ces dix mille hommes, ce simple mot, jeté tout à coup, est du plus grand effet.
7. Qo'klle NODBHissAiT. — SynoDyme expressif, on l'a d(*jà remarqué bien souvent, de, élever, entretenir. Ne rappelons ici qu'un des exemples précédemment relevés : « Dieu lui nourrissait (à Athalie) un vengeur dans l'asile sacré de son temple. • P. 45.
der, et que ses seules divisions la pouvaient soumettre à un ennemi trop faible pour lui résister quand elle serait unie. Philippe, roi de Macédoine, également habile et vaillant, ménagea * si bien les avantages que lui donnait, contre tant de villes et de répubhques divisées, un royaume petit, à la vérité, mais uni, et où la puissance royale était absolue, qu'à la fin, moitié par adresse et moitié par force, il se rendit le plus puissant de la Grèce, et obligea tous les Grecs à marcher sous ses étendards contre l'ennemi commun. Il fut tué dans ces conjonctures; mais Alexandre, son fils, succéda à son royaume et à ses desseins.
Il trouva les Macédoniens non-seulement aguerris, mais encore triomphants, et devenus, par tant de succès, presque autant supérieurs aux autres Grecs en valeur et en discipline, que les autres Grecs étaient au-dessus des Perses et de leurs semblables.
Darius, qui régnait en Perse de son temps, était juste, vaillant, généreux, aimé de ses peuples, et ne manquait ni d'esprit ni de vigueur pour exécuter ses desseins. Mais si vous le comparez avec Alexandre ; son esprit avec ce génie perçant et sublime ; sa valeur avec la hauteur et la fermeté de ce courage invincible, qui se sentait animé parles obstacles; avec cette ardeur immense d'accroître tous les jours son nom, qui lui faisait préférer à tous les périls, à tous les travaux, et à mille morts, le moindre degré de gloire ^ ; enfin, avec cette confiance qui lui faisait sentir au fond de son cœur que tout lui devait céder comme à un homme que sa destinée rendait supérieur aux autres, confiance qu'il inspirait^
i . MÉNAGEA SI BIEN. Sut si bicn user de ses avantages, en tirer parti. Sens noté p. 470 : • Ceux qui ne savent pas à quel point on peut ménager la terre, prennent pour table ce qu'on raconte
exactement un de ceux que faisaient les Latins de prœferre ou de anieponere.
Préférer la gloire à la mort, c.-à.-d., mettre la gloire avant la mort, tenir plus de compte de l'une que de l'autre, par
du nombre des villes d'Egypte.» — ! conséquent braver celle-ci pour acquérir • Rien n'est plus précieux qu'une Ion- ' celle-là. — Le moindre degré de gloire gue vie, quand elle est utilemnit mena- répond pour le sens à l'expression latine, gée pour l'éternité. • 0. 1". de madame vel minimum mortis incrementum. de Monterby. i 3. Confuscb qu'il inspirait. Ce frail
S.Cct usage du verbe jjfe/e'rcr rappelle ! achève la ressemblance, l'eiactc rej-
non-seulement à ses chefs, mais encore aux moindres de ses soldats, qu'il élevait par ce moyen au-dessus des difficultés, et au-dessus d'eux-mêmes * : vous jugerez aisément auquel des deux appartenait la victoire. Et si vous joignez à ces choses les avantages des Grecs et des Macédoniens au dessus de leurs ennemis *, vous avouerez que la Perse, attaquée par un tel héros et par de telles armées, ne pouvait plus éviter de changer de maître. Ainsi vous découvrirez en même temps ce qui a ruiné l'empire des Perses, et ce qui a élevé celui d'Alexandre.
Pour lui faciliter la victoire, il arriva que la Perse perdit le seul général qu'elle pût opposer aux Grecs : c'était Memnon, Rhodien ^. Tant qu'Alexandre eut en tête un si fameux capitaine, il put se glorifier d'avoir vaincu un ennemi digne de lui. Au lieu de hasarder contre les Grecs une bataille générale, Memnon voulait qu'on leur disputât tous les passages, qu'on leur coupât les vivres, qu'on les allât attaquer chez eux, et que par une attaque vigoureuse on les forçât à venir défendre leur pays. Alexandre y avait pourvu, et les troupes qu'il avait laissées à Antipater suffisaient pour garder la Grèce. Mais sa bonne fortune le délivra tout d'un coup de cet embarras *. Au commencement d'une diversion qui déjà inquiétait toute la Grèce, Memnon mourut et Alexandre mit tout à ses pieds.
s'iniblance : car Bossuet, ici, n'embellit rien, ne trace pas un portrait idéal. Si le portrait est sublime, c'est que l'autear, juge naturel des grandes âmes, a,)ics èlre entré à fond, et plus avant (|ue personne, dans cette nature singulière et héroïque d'Alexandre, la décrit d'enthousiasme. — Saint-E\Temond nous apprend que cette confiance extraordinaire et communicative, était ce que le prince de Condé admirait le plus dans Alexandre. Jugement sur Alex, et César.
1. Dans cet incomparable portrait, Bossuet montre surtout le caractère , le grand cœur d'Alexandre, son génie moral, pour ainsi dire. Montesquieu, pirlant du même personnage tout à son aise, s'étendra sur l'intelligence supé-
rieure du chef d'armées, du chef de peuples, du civilisateur. V. Esprit des lois, 1. X, c. 14.