‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 521 sur 583 · La conduite. Cf. p. 86, n · texte numérisé non relu

La conduite. Cf. p. 86, n

6. La progression de ce résumé concis est ménagée de manière à don-

Aussi n'ont-ils rien eu, dans tout leur gouvernement, dont ils se soient tant vantés que de leur discipline militaire. Ils l'ont toujours considérée comme le fondement de leur empire. La discipline militaire est la chose qui a paru la première dans leur État, et la dernière qui s'y est perdue ; tant elle était attachée à la constitution de leur république ^

Une des plus belles parties de la milice romaine était qu'on n'y louait point la fausse valeur. Les maximes du faux honneur, qui ont fait périr tant de monde parmi nous S n'étaient pas seulement connues dans une nation si avide de gloire. On remarque de Scipion' et de César, les deux premiers hommes de guerre et les plus vaillants qui aient été parmi les Romains, qu'ils ne se sont jamais exposés qu'avec précaution, et lorsqu'un grand besoin le demandait. On n'attendait rien de bon d'un général qui ne savait pas connaître * le soin qu'il devait avoir de conserver sa personne ^ ; et on réservait pour le vrai service les actions d'une hardiesse extraordinaire. Les Romains ne voulaient point de batailles hasardées mal à propos, ni de victoires qui coûtassent trop de sang ; de sorte qu'il n'y avait rien de plus hardi, ni tout ensemble de plus ménagé qu'étaient les armées romaines.

Mais comme il ne suffit pas d'entendre la guerre, si on n'a un sage conseil pour l'entreprendre à propos*, et tenir le dedans de l'État dans un bon ordre, il faut encore vous faire observer la profonde politique du sénat romain. A le prendre dans les bons temps de la république, il n'y eut jamais d'assemblée où les affaires fussent traitées plus mûrement, ni avec plus de secret, ni avec une plus longue prévoyance \ ni dans un plus

ner à la conclusiou fiaale la force d'une évidence irrésistible.

i . Y. dans Montesquieu cette admirable discipline expliquée et caractérisée par le délai!. Grand, et déc, c. ii.

2. A Crécy, la noble chevalerie française dérangea l'ordre de bataille, afin d'arriver la première devant l'ennemi, el par là perdit tout. Celte chevaleres-

que folie se renouvela sur plus d'un champ de bataille.

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