De châtiments (supplicia), y, p
nés rigoureuses. Le secret se recommandait comme tout seul, et par sa propre importance *.
C'est une chose surprenante dans la conduite de Rome, d'y voir le peuple regarder presque toujours le sénat avec jalousie, et néanmoins lui déférer tout dans les grandes occasions, et surtout dans les grands périls. Alors on voyait tout le peuple tourner les yeux sur cette sage compagnie, et attendre ses résolutions comme autant d'oracles l
Une longue expérience avait appris aux Romains que de là étaient sortis tous les conseils qui avaient sauvé l'État. C'était dans le sénat que se conservaient les anciennes maximes, et l'esprit, pour ainsi parler, de la république. C'était là que se formaient les desseins qu'on voyait se soutenir par leur propre suite '; et ce qu'il y avait de plus grand dans le sénat, est qu'on n'y prenait jamais des résolutions plus vigoureuses que dans les plus grandes extrémités.
Ce fut au plus triste état de la république, lorsque, faible encore et dans sa naissance, elle se vit tout ensemble et divisée au dedans par les tribuns, et pressée au dehors par les Volsques, que Coriolan irrité menait contre sa patrie ; ce fut, dis-je, en cet état que le sénat parut le plus intrépide *. Les Volsques, toujours battus par les Romains, espérèrent de se venger, ayant à leur tête le plus grand homme de Rome, le plus entendu à la guerre, le plus libéral, le plus incompatible avec l'injustice * ; mais le plus dur, le plus difficile et le plus aigri ®. Ils voulaient se faire citoyens par force ; et, après de grandes conquêtes, maîtres de la campagne et du pays,
1. Le secret est une des vertus romaines que le poëte s'efforçait de remettre en honneur au temps d'Auguste :
Est et fideli tula silentio
Mcrces. Uon., Od., 111, ii.
2. Alobs 0» VOYAIT... Par cette grande et touchante image, rhistorien do'.iae la plus haute idée du bon sens de ce peuple, autant que de la sagesse de ses graves conseillers.