‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 540 sur 583 · Polyb., lib. 1, IH, VI, c. 49, etc. B · texte numérisé non relu

Polyb., lib. 1, IH, VI, c. 49, etc. B

eût fait la joie de la plus notable partie des grands seigneurs. Rome, encore pauvre, et attachée à l'agriculture, nourrissait une milice admirable, qui ne respirait que la gloire, et ne songeait qu'à agrandir le nom romain. Carlhage, enrichie par son trafic, voyait tous ses citoyens attachés à leurs richesses, et nullement exercés dans la guerre. Au lieu que les armées romaines étaient presque toutes composées de citoyens, Carthage, au contraire, tenait pour maxime de n'avoir que des troupes étrangères, souvent autant à craindre à ceux qui les payent qu'à ceux contre qui on les emploie.

Ces défauts venaient en partie de la première institution de la république de Carthage, et en partie s'y étaient introduits avec le temps. Carthage a toujours aimé les richesses ; et Aristote l'accuse d'y être attachée jusqu'à donner lieu à ses citoyens de les préférer à la vertu *. Par là une république toute faite pour la guerre, comme le remarque le même Aristote, à la fin en a négligé l'exercice. Ce philosophe ne la reprend pas de n'avoir que des milices étrangères; et il est à croire qu'elle n'est tombée que longtemps après dans ce défaut. Mais les richesses y mènent naturellement une république marchande : on veut jouir de ses biens, et on croit tout trouver dans son argent. Carthage se croyait forte, parce qu'elle avait beaucoup de soldats, et n'avait pu apprendre, par tant de révoltes arrivées dans les derniers temps, qu'il n'y a rien de plus malheureux qu'un État qui ne se soutient que par les étrangers, où il ne trouve* ni zèle, ni sûreté^, ni obéissance*.

1. Arist., Polit., lib. U, c. U. B. — Aristote siguale rincunvéuieat et le danger de la loi carthaginoise qui réservait aui citoyens considérés e^cicAes les graads emplois. Du reste le jugement qu'il porte, au 11» livre de sa Politique, sur la constitution de Carthage et rétat de cette ville, est en somme très-favorable, et fort ditférent de celui de Polybe U ne s'est pourtant écoulé qu'un demi-siècle entre la mort d'Aristote et le commencement des guerres puniques, dont Polybe s'est fait l'histo-

rien. Sans doute Aristote regardait surtout Carthage dans le passé ; Poljbe, au contraire, l'a montrée telle qu elle était de son temps.

2. Oo IL NE xnoivB. — Chez lesquels il ne trouve. Ainsi plus haut : « Le premier de tous les peuples '-il - n voie des bibliothèques...» P. 467.— « Tous les hommes où il éclatait quelque chose d'eitraordinaire... • P. 391.

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