‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 541 sur 583 · Ni surbtb. Ni fidélité assurée · texte numérisé non relu

Ni surbtb. Ni fidélité assurée

4. Montesquieu, en reprenant cette comparaiison des deux cités rivales, l'a

Il est vrai que le grand génie d'Annibal semblait avoir remédié aux défauts de sa république. On regarde comme un prodige que dans un pays étranger, et durant seize ans entiers, il n'ait jamais vu, je ne dis pas de sédition, mais de murmure, dans une armée toute composée de peuples divers *, qui, sans s'entendre entre eux, s'accordaient si bien à entendre les ordres de leur général^. Mais l'habileté d'Annibal ne pouvait pas soutenir Carthage, lorsqu'attaquée dans ses murailles par un général comme Scipion, elle se trouva sans forces. Il fallut rappeler Annibal, à qui il ne restait plus que des troupes affaiblies, plus par leurs propres victoires que par celles des ilomains, et qui achevèrent de se ruiner par la longueur du voyage. Ainsi Annibal fut battu ; et Carthage, autrefois maîtresse de toute l'Afrique, de la mer Méditerranée, et de tout le commerce de l'univers, fut contrainte de subir le joug que Scipion lui imposa.

Voilà le fruit glorieux de la patience romaine. Des peuples qui s'enhardissaient et se fortifiaient par leurs malheurs ^ avaient bien raison de croire qu'on sauvait tout, pourvu qu'on ne perdît pas l'espérance; et Polybe a trèsbien conclu que Carthage devait à la fin obéir à Rome, par la seule nature * des deux républiques.

Que si les Romains s'étaient servis de ces grandes qualités politiques et militaires seulement pour conserver leur État en paix, ou pour protéger leurs alliés opprimés, comme ils en faisaient le semblant', il faudrait

développée avec beaucoup de sagacité et cuiiiplétée par son savoir: mais Bosg;iet (avec le secours de Polybe) avait saisi cl pj ofondi^ment marqué les différences principales.

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