Dion-Hal., lib. II, c. 16. B
l'idolâlrie le pouvaient permettre. Les religions étrangères, et les sacrifices qui n'étaient pas établis par les coutumes romaines, furent défendus. Dans la suite, on se dispensa de cette loi; mais c'était l'intention de Romulus qu'elle fût gardée, et on en retint toujours quelque chose.
Il choisit parmi tout le peuple ce qu'il y avait de meilleur, pour en former le conseil public, qu'il appela le sénat. Il le composa de deux ou trois cents sénateurs \ dont le nombre fut encore après augmenté ; et de là sortirent les familles nobles ^, qu'on appelait patriciennes. Les autres s'appelaient les plébéiens, c'est-à-dire le commun peuple.
Le sénat devait digérer * et proposer toutes les affaires : il en réglait quelques-unes souverainement avec le roi ; mais les plus générales étaient rapportées au peuple, qui en décidait.
Romulus, dans une assemblée où il survint tout à coup un grand orage, fut mis en pièces par les sénateurs qui le trouvaient trop impérieux; et l'esprit d'indépendance commença dès lors à paraître dans cet ordre.
Pour apaiser le peuple, qui aimait son prince, et donner une grande idée du fondateur de la ville, les sénateurs publièrent que les dieux l'avaient enlevé au ciel, et lui firent dresser des autels.
Numa Pompilius, second roi, dans une longue et profonde paix, acheva de former les mœurs, et de régler la religion sur les mêmes fondements que Romulus avait posés.
Tullus Hostilius établit par de sévères règlements la discipline militaire, et les ordres de la guerre *, que son successeur Ancus Martius accompagna de cérémonies sacrées ^, afin de rendre la milice sainte et religieuse.
1. Le nombre des sénateurs fui porté de lieux cents à trois cenis par Tarquin l'An-ien, comme le dit un peu plus loin Bossuel lui-même, d'après Tite- Live, I, 35.