‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 564 sur 583 · L'AviaicB. La fureur de s'enrichir · texte numérisé non relu

L'AviaicB. La fureur de s'enrichir

et Sylla se rendit souverain sous le nom de dictateur.

II fit des carnages * effroyables, et traita durement le peuple, et par voie de fait et de paroles, jusque dans les assemblées légitimes.

Plus puissant et mieux établi que jamais, il se réduisit de lui-même à la vie privée, mais après avoir fait voir que le peuple romain pouvait souffrir un maître *.

Pompée, que Sylla avait élevé, succéda à une grande partie de sa puissance. Il flattait tantôt le peuple et tantôt le sénat pour s'établir', mais son inclination et son intérêt l'attachèrent enfin au dernier parti.

Vainqueur des pirates, des Espagnes et de tout l'Orient, il devient tout-puissant dans la république, et principalement dans le sénat.

César, qui veut du moins être son égal, se tourne du côté du peuple ; et, imitant dans son consulat les tribuns les plus séditieux, il propose, avec des partages déterre, les lois les plus populaires qu'il put inventer.

La conquête des Gaules porte au plus haut point la gloire et la puissance de César.

Pompée et lui s'unissent par intérêt, et puis se brouillent par jalousie. La guerre civile s'allume. Pompée croit que son seul nom soutiendra tout, et se néglige*. César, actif et prévoyant^, remporte la victoire, et se rend le maître.

Il fait diverses tentatives pour voir si les Romains pourraient s'accoutumer au nom de roi : elles ne servent qu'à le rendre odieux. Pour augmenter la haine publique, le sénat lui décerne des honneurs jusqu'alors inouïs

1, Des carnages. — « La défaite des Juifs fut encore plus sanglante dans la Libye, où ils avaient fait des carnages inouïs. • Èxpl. de l'Apocalypse, c. III. Nous dirions des massacres. Mais ce pluriel, plus usité aujourd'hui que celui de carnage, aurait-il la même force ?

2. • En prenant la dictature, vous avez donné l'exemple du crime que vous avez puni; voilà l'exemple qui sera suivi, et non pas celui d'une modération qu'on ne fera qu'admirer, » dit le philosophe Eucrate au dictateur. Montesquieu, Dialogue d' Eucrate et de Sylla,

3. Pour s'établir. S'affermir, se fortifier : établir était alors plus près qu'aujourd'hui, pour le sens, de stabilire.

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