‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 578 sur 583 · Hedredi, dont... Forme de glose · texte numérisé non relu

Hedredi, dont... Forme de glose

Ce qui suit n'est en effet que l'explication des mots seul puissant et Boi des rois ; mais à quelles hauteurs s'élève l'inter-

I prête de ces paroles, en Ift» dé-ielopiiant !

autre, pour montrer qu'ils ne l'ont tous que par emprunt, et qu'il est le seul en qui elle réside naturellement.

C'est pourquoi tous ceux qui gouvernent se sentent assujettis à une force majeure. Ils font plus ou moins qu'ils ne pensent, et leurs conseils n'ont jamais manqué d'a- Toir des effets imprévus * . Ni ils ne sont maîtres des dispositions * que les siècles passés ont mises dans les affaires, ni ils ne peuvent prévoir le cours que prendra l'avenir, loin qu'ils le puissent forcer. Celui-là seul tient tout en sa main, qui sait le nom de ce qui est et de ce qui n'est pas encore, qui préside à tous les temps et prévient tous les conseils.

Alexandre ne croyait pas travailler pour ses capitaines, ni ruiner sa maison par ses conquêtes. Quand Brutus inspirait au peuple romain un amour immense de la liberté, il ne songeait pas qu'il jetait dans les esprits le principe de cette licence effrénée par laquelle la tyrannie qu'il voulait détruire devait être un jour rétablie plus dure que sous les Tarquins. Quand les Césars flattaient les soldats, ils n'avaient pas dessein de donner des maîtres à leurs successeurs et à l'empire. En un mot^ il n'y a point de puissance humaine qui ne serve * malgré elle à d'autres desseins que les siens*. Dieu seul sait tout réduire à sa volonté. C'est pourquoi tout est surprenant, à ne regarder que les causes particulières, et néanmoins tout s'avance avec une suite réglée *. Ce Discours vous le

i. • L'événement des choses est ordinairement si extravagant, et revient si peu aui moyens que l'on y avait employés, qu'il faudrait êlre aveugle, pour ne i as voir qu'il y a une puislance occulte et terrible qui se plaît de renverser les desseins des hommes, qui se joue de ces grands esprits qui s'imaginent remuer tout le monde, et qui ne s'aperçoivent pas qu'il y a une raison supérieure qui se sert et se moque d'eux, comme ils se servent et se moq'ient des autres 1 » S. sur la loi de Dieu.

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