‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 579 sur 583 · A D'iDTnBS DESSEINS QUE LES S1EX · texte numérisé non relu

A D'iDTnBS DESSEINS QUE LES S1EX

Un écrivain qui a été quelquefois l'éloquent devancier de Bossuet, avait saisi fortement le même contraste. • L'empereur Dioclélien se fût-il jamais imaginé que les ruines de ses thermes dussent être un jour sanctifiées par la religion qu'il persécutait 7... Quand il faisait travailler les pauvres chrétiens à ses étuves, ce n'était pas son des-ein de bâtir des églises à leurs successeurs... La providence de Dieu se joue de cette sorte des pensées des hommes, et les événements sont bien éloignés des inten' lions, quand la terre a un dessein et le ciel un autre, i Balzac, Socrate chrétien, c. IV.

5. Tout s'avawcb atbc che suite aâaLÉi. Voilà le mouvement et l'effet de

fait entendre ; et, pour ne plus parler des autres empires, vous voyez par combien de conseils imprévus, mais toutefois suivis en eux-mêmes, la fortune de Rome a été menée * depuis Romulus jusqu'à Charlemagne.

Vous croirez peut-être. Monseigneur, qu'il aurait fallu vous dire quelque chose de plus de vos Français *, et de Charlemagne, qui a fondé le nouvel empire. Mais outre que son histoire fait partie de celle de France que vous écrivez vous-même ', et que vous avez déjà si fort avancée, je me réserve à vous faire un second Discours, oîi j'aurai une raison nécessaire de vous parler de la France et de ce grand conquérant, qui, étant égal en valeur à ceux que l'antiquité a le plus vantés, les surpasse en piété, en sagesse, et en justice.

Ce même Discours vous découvrira les causes des prodigieux * succès de Mahomet et de ses successeurs. Cet empire, qui a commencé deux cents ans avant Charlemagne, pouvait trouver sa place dans ce Discours; mais j'ai cru qu'il valait mieux vous faire voir dans une même suite ses commencements et sa décadence \

Ainsi, je n'ai plus rien à vous dire sur la première partie de l'histoire universelle. Vous en découvrez tous les secrets, et il ne tiendra plus qu'à vous d'y remarquer toute la suite de la religion, et celle des grands empires jusqu'à Charlemagne.

ce Discours, caractérisés à merveille par i de ces thèmes du Dauphin ont été eu l'auteur lui-même. | partie conservés. Ils portent de noni-

t. Menée. Mot familier et altier tout ' breuses corrections de la main de Bosensemble ; répond mieux que conduite suet.

à la toute-puissance de Celui qui seul 4. Prodigieux. Ici, comme plus haut, tient tout en sa main. p. 201, 277, 380, la signification de c*

2. Parole franche et /ranpaî'se, où l'on | mot se rapproche de celle de monschercherait en vain l'ombre d'une in- j trueux. tention flatteuse. Vos Français, c.-à-d., 5. Quel magnifique sujet eût offert au

ces Français qui vous sont chers, et, qui vous sont dévoués — qui sont à vous, comme vous êtes à eux.

3. Le prince rédigeait par écrit, à mesure, en français et en latin, les récits d'histoire de France que lui faisait de vive voix son précepteur. V. Lettre à Innocent XI, De institutwne Delpkini.

Les manuscrits de ces rédactions et

génie d'un hossuet cette histoire de ilahoniet, île l'islamil^me et de la conquête arabe, qu'il se proposait d'écrire I « Il eût été intéressant, dit M. de Bausset (Hist. de Bossuet, 1. iv), de voir le peintre de Cromwell montrer Mahomet tel qu'il fut. • — « Que ii'eût-il pas dit, dans ce second Discours, sur tant d'autres grands hommes et tant d'autres

SUR L'HISTOIRE LNIVERSl-LLE.

Pendant que vous les verrez tomber presque tous d'eux-mêmes, et que vous verrez la religion se soutenir par sa propre force, vous connaîtrez aisément quelle est la solide grandeur, et où un homme sensé doit mettre son espérance '.

grands faits d'histoire moderne ? » (Villemain, Tableau de la litt. fr. du xrni» S'ècte, t. II, p. 40.) Ses travaux croissants d'éyêque et de premier dooieurde l'Eglise gallicane ne lui permirent pas d'exécuter ce dessein. Ce qui a été pulilié sous son nom comme une Suite de l'UUtoire universell-; trouvée dans ses papiers, n'est guère autre chose qu'une «èche ébauche chronologique.

< . L'auteur compte sur l'eUot de son œuvre, et se borne, en finissant, à cet avis grave, sobre, pénétrant. Il a raison. Une exhortation religieuse en forme serait inutile au terme d'un tel livre. — Remarquez que cet appel suprême à la foi, est en même temps on appel au bon sens. — Et où un homme sensé doit mettre son espérance. Rien n'est plut de Bossuet que ce mot final.

Préface de l'éditeur h

Avant-propos. Dessein général de cet ouvrage : sa division en trois parties 19

Page 1