Act., XVI. B
8. Cb trop facile xari. Claudins, « conjugum imperiis obnoxius. » Tacite, Ann., XII, 1. Cf. XI, 23.
f20 DISCOURS
qu'à tout le reste de la république. Corbulon fit tout l'honneur de ce règne par les victoires qu'il remporta sur les Parthes et sur les Arméniens (o8-63).
Néron commença dans le môme temps la guerre contre les Juifs, et la persécution contre les chrétiens (G5). G est le premier empereur qui ait persécuté l'Égliso. Il fit mourir à Rome saint Pierre et saint Paul. Mais comme dans le même temps il persécutait tout le genre humain', on se révolta contre lui de tous côtés : il apprit que le sénat l'avait condamné, et se tua lui-même (68;. Chaque armée fit un empereur : la querelle se décida auprès de Rome, et dans Rome même, par d'effroyables combats. Galba, Othon et Vitellius y périrent ^: l'empire affligé ^ se reposa sous Vespasien. Mais les Juifs furent réduits à l'extrémité (70): Jérusalem fut prise et brûlée. Tite, fils et successeur de Vespasien (79), donna au monde une courte joie; et ses jours, qu'il croyait perdus quand ils n'étaient pas marqués de quelque bienfait, se précipitèrent* trop vite. On vit revivre Néron ^ en la personne de Domitien.
La persécution se renouvela (93). Saint Jean, sorti de l'huile bouillante ^ fut relégué dans Tîle de Patmos, ûQ il écrivit son Apocalypse (95). Un peu après, il écrivit son Évangile, âgé de quatre-vingt-dix ans, et joignit la quahté d'évangéliste h celle d'apôtre et de prophète.
Depuis ce temps, les chrétiens furent toujours persécutés, tant sous les bons que sous les mauvais empe-
1. Peusécutait todtle genre HDMAiîf. tuiti. Le verbe se reposa s'oppose douo Cela semble impossible, et pourtant cela très-bien au mot qui le précède.
est vrai, du moins des dernières années 4. Se phécipitèrent trop vitb. C.-à-d., de Néron. Les provinces, moins expo- finirent trop tôt. 5e prec^pîïer répond ici secs aux cruautés de cet empereur, n'é- ausensdepro-cepsiVe, ruece inprœceps. cliappèrent pas à ses furieuses exac- Tombw, rouler en bas. lions. « Interea conferendis pecuniis 5. Pour dés'gaer Domitien, Juvénal a pervastata Italia, provinciœ eversœ. » dit (sat. IV), le Ncj oh c/iauve. Tacite, ArtH., XV, 45. ' 6. Sorti de l'huile BoniLi-àXTB. Quelle
2. Y pÉKinE:<T. Ce qui ne veut pas phrase, si éloquente qu'elle pût être, dire qu'ils périrent tous les trois sous exprimerait aussi vivement la miraculés armes. Oa sait assez l'ignominieuse leuse aventure de saint Jeaa ? Un des fin de vitellius. '■ secrets de l'éloquence de Bossuet, c'est
3. Affligé. C.-à-d. battu, tourmenté; : d'appeler au be:oin les choses, tout afflictum, au sens de concvissum, vexa- simplement, par leur nom.
reurs. Ces persécutions se faisaient, tantôt par les ordri-s des empereurs et par la haine particulière des magistrats, tantôt par le soulèvement des peuples, et tantôt par des décrets prononcés authentiquement dans le sénat sur les rescrits ' des princes, ou en leur présence. Alors la persécution était plus universelle et plus sanglante; et ainsi la haine des infidèles, toujours obstinée à perdre l'Église, s'excitait de temps en temps elle-même à de nouvelles fureurs. C'est par ces renouvellements de violence * que les historiens ecclésiastiques comptent dix persécutions sous dix empereurs. Dans de si longues souffrances, les chrétiens ne firent jamais la moindre sédition. Parmi tous les fidèles, les évêques étaient toujours les plus attaqués. Parmi toutes les Églises, l'Église de Rome fut persécutée avec le plus de violence; et les papes confirmèrent souvent par leur sang l'Évangile qu'ils annonçaient à toute la terre.
Domitien est tué : l'empire commence à respirer sous Nerva (96). Son grand âge ne lui permet pas de rétablir les affaires ; mais, pour faire durer le repos public ', il choisit Trajan pour son successeur (97). L'empire, tranquille au dedans et triomphant au dehors, ne cesse d'admirer un si bon prince *. Aussi avait-il pour maxime qu'il fallait que ses citoyens le trouvassent tel qu'il eût voulu trouver l'empereur, s'il eût été simple citoyen. Ce prince dompta les Daces et Décébale, leur roi (107); étendit ses conquêtes en Orient; donna un roi aux Parthes, et leur fit craindre la puissance romaine (Ho) : heureux que rivrognerie^ et ses infâmes amours, vices
1 . Les uEscRiTs. On donnait ce nom aux : chauffaient comme à diverses reprises. • décisions juridiques des empereurs, par | Comm. surl'Apoc.,c. i.
lesquelles ils interprétaient la loi, ou en j 3. Un bon choix était, en effet, Tunifaisaient l'application. que moyen de faire durer le repos pu-
2. Cbs RE.N00VELLEJIE5TS DE TioLENCE. bltc, là OÙ manquaient les institutions Cette belle expression achève démettre propres à l'assurer.
en évidence la pensée de l'auteur. La 4. Ux si bo» pm^tcB. Le titre d'optipersécution, au fond, était permanente ; mus. vainement décciné par l'adulatioa les persécutions étaient comme les ac- à tant de mauvais princes, était devenu ces plus vifs, les redoublements d'une inséparable du nom de Trajan. Pline le fièvre continue. • Les tyrans, dit ail- J. Pan ,11. kurs Bossuet, se raleu lissaient et se ré- '< 5. L'ivHoeNEniB. Il est vrai que l'hi»-
si déplorables dans un si grand prince, ne lui aient rien fait entreprendre contre la justice *.
A des temps si avantageux pour la république, succédèrent ceux d'Adrien, mêlés de bien et de mal (117). Ce prince maintint la discipline militaire, vécut luimême militairement et avec beaucoup de frugalité, soulagea les provinces, fit fleurir les arts et la Grèce*, qui en était la mère. Les Barbares furent tenus en crainte par ses armes et par son autorité. Il rebâtit Jérusalem, à qui il donna son nom, et c'est de \h que lui vient le nom d'^Ëlia ^(130); mais il en bannit les Juifs, toujours robellesà l'empire. Ces opiniâtres * trouvèrent en lui un impitoyable vengeur. Il déshonora par ses cruautés et par ses amours monstrueuses un règne si éclatant. Son inl'àme Antinous, dont il fit un dieu, couvre de honte toute sa vie. L'empereur sembla réparer ses fautes, et rétablir sa gloire effacée, en adoptant Antonin le Pieux (138), qui adopta Marc-Aurèle le Sage et le Philosophe.
Eu ces deux princes paraissent deux beaux caractères. Le père, toujours en paix, est toujours prêt, dans le besoin, à faire la guerre ; le fils est toujours en guerre, toujours prêt à donner la paix à ses ennemis et à l'empire. Son père Antonin lui avait appris qu'il valait mieux sauver un seul citoyen que de défaire mille ennemis Les Parthes (162) et les Marcomans (169) éprouvèrent la valeur de Marc-Aurèle : les derniers étaient des Ger-
torien Aurélîus Victor a dit de ce prince:
i Vinolentiam, quo vitio, uti Nerva, angehatur, prudentia raoUiverat, curari vetans jussa post longiores epulas. »
(Ûe Cœsaribus, XIU.) Cependant le mot iorognerie semble un peu fort en par-
Remarquei cette manière hardie et heureuse, mais qui serait périlleuse à imifer, de rapprocher à l'improviste, sous l'action d'un verbe unique, des noms d'espèce fort différente. Par un tour semblable, le rapide écrivain dira plus loin :
lant de Trajan, surtout si l'on oppose j n Quoique le nom d'Antonin lui eût au témoignage d'Aurélius Victor celui ' do/îne (àHéliogabale) le ccBur c/es so/rfa/5 de Dion Cassius. Cet historien assure [ et la uî'ctoiVe sur Macrin... » Et ailleurs: que Trajan ne buvait jamais au point | « Homère et tant d'autres poètes na de perdre la raison (L. 68). respirent que le bien public, la pat
. Sauf un mot d'une sévérité exces- »i\o, Bossuet montre dans ce passage une rare impartialité à l'égard d'un piince persécuteur des chrétiens, et une vive intelligence de sa grandeur.
ï. Fit fleurir les iRTS et la Grèce... 1
la société, et cette admirable ciaililé t\\.,^ nous avons expliquée. » Part. III, c. v.
3. Le nom d'.Elii. .■Elius était le no;n de famille de cet empereur.