Ces opiniâtres. V. p. C8, a
mains que cet empereur achevait de dompter quand il mourut. Par la vertu * des deux Antonin, ce nom devint les délices des Romains *.
La gloire d'un si beau nom ne fut effacée ni par la mollesse de Lucius Verus, frère de Marc-Aurèle et son collègue dans l'empire, ni par les brutalités de Commode, son fils et son successeur (180). Celui-ci, indigne d'avoir un tel père, en oublia * les enseignements et les exemples. Le sénat et les peuples le détestèrent; ses plus assidus courtisans et sa maîtresse le firent mourir (192). Son successeur Perlinax, vigoureux défenseur de la discipline militaire, se vit immolé à la fureur des soldats licencieux \ qui l'avaient un peu auparavant élevé malgré lui à la souveraine puissance (193).
L'empire, mis à l'encan par l'aimée, trouva un acheteur ^. Le jurisconsulte DidiusJulianus hasarda ce hardi marché * (I9i);il lui en coûta la vie. Sévère, Africain, le fit mourir, vengea Pertinax, passa de l'Orient en Occident, triompha en Syrie, en Gaule et dans la Grande- Bretagne. Rapide conquérant, il égala César par ses victoires^; mais il n'imita pas sa clém.ence. Il neputm.ettre
1 . Par li vertu. Sur cet emploi de la piépositioii par, Y. p. 5i, n. I .
2. i.t. lIoDicsquicu. Grandeur et dé cadence des Homains, c. xvi. Bossuet parle peut-èlre de Marc-Aurèie avec plus de <,'randcur : on sent chez Montesquieu l'accent d'une sympathie plus \ive. — • Les Uomains durent à Adrien leurs meilleurs cniporeurs. Rien n'est capable de faire oublier le premier Antonin, que Marc-Aurcle qu'il adopta.
On sent eu soi-momc un plaisir secret, lorsqu'on parle de cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement : tel est reffet qu'elle proiluit, qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meilleure opinion des hommes . »