Égala César par ses victoires
Cflte comparaison a été emprunîée par Bossuet à llcrodien (l. III) : l'Iioniieur est grand pour Seplime Sévère, et peutêtre excessif.
la paix parmi ses enfants. Bassien ou Caracalla, son fils aîné, faux imitateur d'Alexandre, aussitôt après la mort de son père (211), tua son frère Géta, empereur comme lui, dans le sein de Julie, leur mère commune, passa sa vie dans- la cruauté et dans le carnage, et s'attira à luimôme une mort tragique. Sévère lui avait gagné le cœur des soldats et des peuples, en lui donnant le nom d'Antonin '; mais il n'en sut pas soutenir la gloire. Le Syrien Héliogabale, ou plutôt Alagabale, son fils, ou du moins réputé pour tel, quoique le nom d'Antoninlui eût donné d'abord le cœur des soldats et la victoire sur Macrin(2l8), devint aussitôt après, par ses infamies, l'horreur du genre humain, et se perdit lui-même (222). Alexandre Sévère, fils de Mamée ^, son parent et son successeur, vécut trop peu pour le bien du monde. Il se plaignait d'avoir plus de peine à contenir ses soldats qu'à vaincre ses ennemis. Sa mère, qui le gouvernait, fut cause de sa perte, comme elle l'avait été de sa gloire ^ Sous lui Artaxerxe, Persien, tua son maître Artaban, dernier roi des Parthes, et rétablit l'empire des Perses en Orient (23o).
En ces temps, l'Église encore naissante remplissait * toute la terre °; et non-seulementl'Orient où elle avait commencé, c'est-à-dire la Palestine, la Syrie, l'Egypte, l'Asie Mineure et la Grèce, mais encore dans l'Occident, outre l'Italie, les diverses nations des Gaules, toutes les provinces d'Espagne, l'Afrique, la Germanie, la Grande- Bretagne dans les endroits impénétrables aux armes romaines; et encore hors de l'empire, l'Arménie, la Perse, les Indes, les peuples les plus barbares, les Sarmates, les Daces,lcs Scythes, les Maures, les Gétuliens, et jusqu'aux îles les plus inconnues ^ Le sang de ses martyrs la rendait
{. Lk noM d'Antonin L'éloge des
deux excelleBts princes se continue par ces détails, que Bossuet semble ayoir pris soin de recueillir tout exprès.
2, Mamée. Ou plutôt Mamr.^ée.
3. De si PEnriî, comke... de sa GLOIRE. De sa perte, parce qu'elle le pouvernait trop ; de sa gloire, par la bonne éduc^ilion qu'clt; avait su lui donner, et par ses sages conseil?.