CHAPITRE W
Prophéties de Zacharie et d'Aggée.
Vous voyez ce que Dieu montra au prophète Daniel un peu devant les victoires de Cyrus et le rétablissement du temple. Du temps qu'il se bâtissait, il suscita les prophètes Aggée et Zacharie, et incontinent après il envoya Malachie, qui devait fermer les prophéties de l'ancien peuple.
Que n'a pas vu Zacharie? On dirait que le livre des décrets divins ait été ouvert à ce prophète , et qu'il y ait lu toute l'histoire du peuple de Dieu depuis la captivité.
Les persécutions des rois de Syrie, et les guerres qu'ils font à Juda, lui sont découvertes dans toute leur suite ^. Il voit Jérusalem prise et saccagée; un pillage effroyable, et des désordres infinis; le peuple en fuite dans le désert, incertain de sa condition, entre la mort et la vie ; à la veille de sa dernière désolation, une nouvelle lumière lui paraître tout à coup. Les ennemis sont vaincus; les idoles sont renversées dans toute la torre sainte : on voit la paix et l'abondance dans la ville et dans le pays, et le temple est révéré dans tout l'Orient.
' Vai\. Édition de 1681 : Il lui déclare, comme vous voyez, que, etc ^ Le titre du chapitre a été ajouté dans la troisième édition. ^ Zach., XIV.
Une circonstance mémorable de ces guerres est révélée au prophète : « Juda même combattra, dit-il ^ , contre « Jérusalem : » c'était à dire ^ que Jérusalem devait être trahie par ses enfants, et que parmi ses ennemis il se trouverait beaucoup de Juifs.
Quelquefois il voit une longue suite de prospérités ^ : Juda est rempli de force * ; les royaumes qui Tont oppressé sont humiliés ^ ; les voisins qui n'ont cessé de le tourmenter sont punis; quelques-uns sont convertis, et incorporés au peuple de Dieu. Le prophète voit ce peuple comblé des bienfaits divins, parmi lesquels il leur conte le triomphe aussi modeste que glorieux « du roi pauvre, « du roi pacifique, du roi sauveur, qui entre, monté sur « un âne, dans sa ville de Jérusalem ^ »
Après avoir raconté les prospérités, il reprend dès l'origine toute la suite des maux''. Il voit tout d'un coup le feu dans le temple; tout le pays ruiné avec la ville capitale; des meurtres, des violences; un roi qui les autorise. Dieu a pitié de son peuple abandonné : il s'en rend lui-même le pasteur; et sa protection le soutient. A la fin il s'allume des guerres civiles, et les affaires vont en décadence. Le temps de ce changement est désigné par un caractère certain; et trois pasteurs, c'est-à-dire, selon le style ancien, trois princes^ dégradés en un même mois , en marquent le commencement. Les paroles du prophète ^ sont précises : J'ai re-
' Zaclî., XIV, 14.
^ Waj{. Édition de 168 ^ Zacli.,ix, X. — 4 ld.,x, 6.
7, 8, 9. — 7 Id., XI