ANALYSE DU DISC. SUR L'HIST. UNIVERS
d'empereurs et de Césars^ l'accabla d'une dépense excessive, en désunit les diverses parties, et l'ouvrit pour ainsi dire, de toute part, à Finvasion des barbares du Nord. Ainsi fut démembré cet empire colossal qui avait englouti tous les empires de Tunivers ; et de ses débris ont été formés tous les royaumes que nous voyons subsister aujourd'hui.
Tel est le vaste et magnifique tableau tracé dans la troisième et dernière partie du Discours sur l'Histoire universelle. Cette partie suffit pour disculper Bossuet du reproche qu'on lui a fait de n'avoir été que l'historien du peuple juif. A la vérité, dans la Suite de la Religion, il rapporte tout à ce peuple et au divin dépôt qui lui était confié ; mais un évoque, instruisant l'hériuerdu roi très-chrétien, ne devait-il pas envisager sous cet aspect les événements de l'histoire universelle ? et nousmêmes, sommes-nous placés au point de vue convenable pour juger l'ouvrage, quand nous blâmons un pareil écrivain d'avoir adopté un pareil système ?