‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 140 sur 153 · Appien, Prœf. op. B · texte numérisé non relu

Appien, Prœf. op. B

4. Si avant : si loin. Avant est à la fois adverbe de temps et de lieu. Cf. Victor Hugo, F. d'aut., 7 :

Tant il est avant dans les cieus.

5. Chacun de ces deux peuples. Syllepse. M l'un ni l'autre de ces deux peuples n'a été nommé ; mais le mot guerres puniques évoque si vivement le souvenir des Romains et des Carthaginois, qu'on n'est pas un seul instant embarrassé.

6. Prdte à succomber. Au xvn<= siècle, la distinction ne se faisait pas nécessairement entre p-eY «, qui signifie (//.■^j'o.'.é «, et près de, qui signifie sur le point de. Aujourd'hui, la confusion n'est plus permise.

est vaincu, et Carthage subjuguée par Scipion l'Africain.

Piome victorieuse s'étend prodigieusement, durant deux cents ans, par mer ' et par terre, et réduit tout l'univers sous sa puissance.

En ces temps, et depuis la ruine de Carthage, les charges, dont la dignité aussi bien que le profit s'augmentait avec l'empire, furent briguées avec fureur ^ Les prétendants ' ambitieux ne songèrent qu'à flatter le peuple; et la concorde des ordres, entretenue par l'occupation des guerres puniques *, se troubla plus que jamais. Les Gracques mirent tout en confusion, et leurs séditieuses propositions *

1. Par mer. N'est pas précisément exact. Irrésistibles sur terre, les Romains, sous la république, n'ont jamais fait bonne figure sur mer. Ils n'ont eu de flottes que pour atteindre et battre les Carthaginois : encore sout-ce les alliés des villes maritimes qui en supportèrent le poids. Aux deux derniers siècles de la république, ils n'avaient pas même en mer de quoi assurer le bon ordre, réprimer la piraterie, et faire la police des mers. Aussi, des Colonnes d'Hercule au golfe d'Issus, les pirates ciliciens , crétois, grecs, étaient les véritables souverains. Rien ne peut donner une idée de leur audace et de leurs succès, si ce n'est les Normands en Europe au moyen âge.

2. Briguées avec fureur. Ce n'était plus par dévouement, ni par patriotisme, comme autrefois; mais les charges menaient droit à la propréture et au proconsulat, moyen infaillible de faire et de refaire sa fortune.

3. Prétendants se dit d'ordinaire de ceux qui aspirent à une royauté : Jacques III d'Angleterre, par exemple, et ses fils. C'est ici un emploi nouveau et cjui ne répugne pas à l'analogie.

4. L'occupation des guerres puniques. Nous dirions aujourd'hui la préoccupation.

5. Leurs séditieuses propositions. Bossuet est ici, non seulement bien sévère, mais bien superficiel. La réforme voulue parles Gracques était, au fond, irréprochable. Le droit était avec eux. En fait, ils eussent pu régénérer la société romaine,.

furent le commencement de toutes les guerres civiles.

Alors on commença à porter des armes ', et à agir par la force ouverte dans les assemblées du peuple romain ^, où chacun auparavant voulait l'emporter par les seules voies légitimes, et avec la liberté des opinions \

La sage conduite du sénat et les grandes guerres survenues modérèrent les brouilleries *.

Marins, plébéien, grand homme de guerre, avec son éloquence militaire et ses harangues séditieuses % où il ne cessait d'attaquer l'orgueil de la noblesse, réveilla la jalousie du peuple, et s'éleva par ce moyen *^ aux plus grands honneurs.

Sylla, patricien, se mit à la tête du parti contraire, et devint l'objet de la jalousie de Marins.

Les brigues et la corruption peuvent tout dans

conjurer la guerre sociale. L'opposition à outrance qu'ils rencontrèrent de la part des privilégiés les rendirent à la fin moins corrects sur le choi.\ des moyens; mais la faute première en est à ceux qui les y contraignirent.

1. A porter des armes. A venir au forum avec des armes cachées, et. ce qui est plus grave, à s'en servir. Maintes fois, on se battit autour des urnes, et le sang coula à flots dans le comitium et dans tous les environs.

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