S'y éteint. Sur ce singulier, voy. sup., page 19, note
2. Les guerres d'Asie. La conquête de la Macédoine avait enrichi le peuple et V.rrarium. Les guerres d'Asie enrichirent les particuliers, généraux, soldats, publicains.
3. L'avarice. Sens du latin avaritia : avidité, rage d'acquérir par tous les moyens. C'est le vice opposé à luxe, luxuria, dépense effrénée. Ces deux vices étaient corrélatifs, n'allaient jamais l'un sans l'autre. Avec luxuria, on se ruinait; avec avaritia, on comblait le gouffre.
4. S'attacher leurs soldats. Ce qui avait manqué auxGracques pour réussir, c'était une armée. La leçon ne fut pas perdue. A partir de Sylla, tous les agitateurs commencent par se pourvoir d'une force militaire. Plus de milice nationale, de légions romaines : il n'y a plus que des armées personnelles : Syllani, Mariant, Cœsariani, Pompeiani.
Outre son armée permanente, Sylla se donna une garde spéciale de plus de dix mille hommes, les Cornéliens, esclaves jeunes et robustes pris aux familles des proscrits et qu'il alTranchit : véritab'es mameluks, dévoués corps et àme à la personne du maître, disposés, sur un signe de lui, à faire telle besogne qu'il commanderait.
.^. Pour les garpier. En campagne, Sylla permettait tout à ses soldats à rencontre des habitants, ne leur demandant qu'une chose, d'être braves le jour du combat. Après sa victoire sur Fimbria, Sylla (Voy. Plut., Sylla, 32) mit sur toute l'Asie une contribution commune de vingt mille talents {120 millions). 11 accabla les particuliers, en livrant leurs maisons à l'insolence des gens de guerre, qui y vivaient à discrétion. Il ordonna que chaque soldat recevrait, chaque jour, de son hôte 4 tétradrachmes (15 francs) avec souper pour lui et tous les invités qu'il amènerait; à chaque officier, 30 dra-
Marins, de son côté, proposait à ses partisans des partages d'argent et de terre.
Par ce moyen, maîtres de leurs troupes, l'un sous prétexte ' de soutenir le sénat, et l'autre sous le nom du peuple, ils se firent une guerre furieuse jusque dans l'enceinte de la ville.
Le partideMariuset du peuple fut tout à fait abattu, etSylla se rendit souverain sous le nom de dictateur*.
Il fit des carnages effroyables % et traita durement le peuple, et par voie de fait et de paroles, dans les assemblées légitimes.
chmes, avec une robe pour la chambre, et un costume pour paraître en public.
Après la victoire, il abandonna à ses soldats toutes les terres qu'ils voulurent, en Italie : on n'évalue pas à moins de cent vingt mille les lots donnés par lui à ses obligés.
1. Sous pi'étexle. Il n'aurait pas mieux demandé que de restaurer le sénat des beaux jours de la république, mais il lui eût fallu des sénateurs, et l'aristocralie était trop dégénérée, elle avait été trop mutilée par la guerre civile pour lui en fournir. En attendant, c'est la dictature qu'il établit, moins la responsabilité. Il se fil donner une abolition générale dupasse, et, pour lavenir, droit devieetde mort, pouvoir de confisquer les biens, de partager les terres, de bâtir des villes, d'en détruire d'autres, d'ùter et de donner des rovaumes à son gré. Voy. Plut., Sijlla, il.
2. Dictateur. Depuis cent vingt ans, il n'y avait pas eu de dictature à Rome. Celle que Sylla s'était fait donner difTérait de la dictature constitutionnelle, surtout en ce qu'elle était illimitée dans sa durée (au lieu de prendre fin après six mois) : il restait seul maître d'apprécier à quelle époque il lui conviendrait de déposer ses pouvoirs.
3. Il fit des carnages effroyables. Sanguin par tempérament, Sylla entrait dans des colères terribles. Ses vengeances furent atroces. Tous ceux du parti opposé furent mis hors la loi, et récompense (12 000 deniers = 13 370 fr.1 était assurée à qui tuait un de ces hommes. On connaît les listes de proscription, ces tables de sang où figurèrent jusqu'à 4 700 noms (Val. .^lax., ■ IX, II, 1). Les soldats et les sons-officiers de Sylla parcouraient
'Italie pour les égorgements.
Plus puissant et mieux établi que jamais, il se réduisit de lui-même à la vie privée *, mais après avoir fait voir que le peuple romain pouvait souffrir un maître ^
Pompée ^, que Sylla avait élevé, succéda à une grande partie de sa puissance. Il flattait tantôt le peuple et tantôt le sénat pour s'établir * : mais son inclination et son intérêt l'attachèrent enfin au dernier parti.
Vainqueur des pirates % des Espagnes % et de
1. A la vie privée. Au comble de la puissance, '9, et au milieu de la stupeur générale, Sylla s'avance un jour sur le forum romain, se démet de ses pouvoirs, congédie sa garde, renvoie ses licteurs, et, s'adressant à la foule qui se presse autour de lui, demande s"il y a quelqu'un qui réclame des comptes. Tousse turent, et Sylla, à pied, suivi de quelques amis, rentra tranquillement cliez lui.
2. Souffrir un maitre. La constitution aristocratique de Sylla, condamnée d'avance à l'impuissance, ne lui survécut guère. Mais sa tentative vaiue précipita les choses. Elle révéla du moins, et très clairement, à quel point la société romaine était malade, que l'aristocratie et le peuple ne valaient pas mieux l'une que l'autre, que les Romains n'étaient plus dignes de la liberté. Un maître peut se présenter : Rome est mùrc pour le despotisme.
3. Pompée, génie médiocre, gâté par la fortune, surfait par lui-même, par l'opinion publique et par les événements, ne fut jamais franchement ni pour, ni contre aucune des deux factions : il louvoyait entre les deux, sceptique au fond et égoïste. En politique, il était, avant tout, Pompéien. César eut facilement raison d'un parti qui avait à sa tète une telle nullité.
4. S'établir : s'alTermir, se fortifier. Sens du latin, stabilire, d'où il dérive.
0. Des pirates. Véritables souverains de la Méditerranée (Voy. sup., page 234, note 1). Les choses en étaient venues au point que les gouverneurs de province, avec leur escorte et leur maison militaire, ne gagnaient pas sans danger leur gouvernement. Pompée dut être investi de pouvoirs illimités, (le ressources immenses : grâce à quoi, en quelques mois, il balaya, momentanément, la Méditerranée, 67.
6. Des Espagnes. Sesqudilre campagnes contre Sertorius, 77-73.
tout l'Orient ', il devient tout-puissant dans la république, et principalement dans le sénat.
César, qui veut du moins être son égal, se tourne du côté du peuple, et, imitant dans son consulat les tribuns les plus séditieux % il propose, avec des partages de terre, les lois les plus populaires qu'il put 3 inventer.
La conquête des Gaules porte au plus haut point * la gloire et la puissance de César.
Pompée et lui s'unissent par intérêt, et puis se brouillent par jalousie. La guerre civile s'allume. Pompée croit que son seul nom ^ soutiendra tout, et
1. En Orient. Chargé en 66. par la loi Manilia, de la guerre contre Milliridate, il le bal et en flnit avec lui, soumet le Pont» l'Arménie, la Paphlagonie, descend eu Syrie, et congédie la maison des Séleucides. Il réorganise alors l'Asie sur des bases nouvelles, et revient triompher pour la troisième fois, 62.
2. Les triOiins les plies séditieux. Allusion aux Gracques, et à la loi agraire que J. César proposa et fît voter pendant son consulat, o9. Il s'agissait d'assigner des terres aux vétérans <les armées d'Asie, sur le domaine italique et surtout sur le territoire de Capoue. Le projet de César, loin d'être séditieux, étaithonnête autant que modéré et habile. L'aristocratie et le sénat, naturellement, firent opposition, ce qui n'empêcha point la loi de passer et jeta les chevaliers dans les bras de César.
3. Qu'il pût. Le premier verbe propose étant au présent, il faudrait aujourd'hui, au lieu de qu'il pût, qu'il puisse. .Mais, au XYU»^ siècle, la corrélation des modes était loin d'être fixée.
4. Porte au plus haut point. César, en Gaule, conquérait visiblement un grand pays ; il s'enrichissait et enrichissait les siens. Son entente avec Crassus et Pompée remontait à 60. Absent, il était admirablement servi par ses tribuns et ses amis. Et puis, la Cisalpine, dont il était titulaire et où il venait tous les hivers, n'était pas loin de Rome. Son prestige était déjà tel, que, ne pouvant se déplacer, il attirait le sénat dans sa province. Aux conférences de Luca Ço&i, tous les hommes politiques, Pompée, Crassus, Métellus, Claudius, accoururent; on y compta 120 licteurs; plus de 200 sénateurs y assistèrent.