Son seul nom. Infatué de lui-même et méconnaissant son
se néglige. César, actif et prévoyant, remporte la victoire, et se rend le maître K
Il fait diverses tentatives pour voir si les Romains pourraient s'accoutumer au nom de roi ^ : elles ne servent qu'à le rendre odieux. Pour augmenter la haine publique % le sénat lui décerne des honneurs jusqu'alors inouïs dans Rome : de sorte qu'il est tué en plein sénat comme un tyran.
Antoine, sa créature, qui se trouva consul au temps de sa mort, émut * le peuple contre ceux qui
adversaire, Pompée, dont l'armce était alors en Espagne, répondait à ceux qui le pressaient de prendre les mesures militaires, qu'il lui suffirait de frapper du pied le sol de l'Italie pour en faire sortir des légions. La marche foudroyante de César sur Rome ne lui en laissa pas le temps.
1. Se rend le maitre. Après Pharsale (29 août 48), César est obligé de batailler en Asie, contre Phariiace (47), puis en Afrique et en Espagne (46), et triomphe, en 45. 11 inaugure alors, sous le nom connu de dictature, un pouvoir d"un nouveau genre à Rome, et qui va devenir la monarchie césarienne.
2. S'accoutumer au nom de rot. Allusion, notamment, à une comédie où Antoine un jour, en public, tira tout à coup un diadème et voulut le poser sur la tête de César. Celui-ci fit mine de refuser, juste le temps nécessaire pour voir l'effet produit sur le peuple. L'impresion n'étant pas favorable. César mit fin à la scène et se résigna à ne posséder que la réalité du pouvoir royal, dont il ne lui manquait que le titre officiel et reconnu. 11 est dictateur pour dix ans, puis à vie 43-44), censeur (46), préfet des moeurs (48-44), imperator perpétuel (46). Il était déjà augure et grand pontife.
3. Pour augmenter la haine publique. Non pas; mais par bassesse et empressement intéressé à servir, le sénat accitmule sur sa tête un amas bizarre d'honneurs civils et sacerdotaux, dô décorations, de titres. En face de la royauté nouvelle, le sénat se résigne au rôle de Conseil d'État monarchique, et le gouvernement devient absolument personnel. L'empire est fait.
4. Emut. Souleva : movit. Voir, dans Montesquieu {Grand, et décad., ch. xn), le rùle et les manœuvres audacieuses d'Antoine en cette circonstance. Le peuple, indigné contre les
l'avaient tué, et tâcha de profiter des brouilleries ' pour usurper l'autorité souveraine. Lépidus, qui avait aussi un grand commandement sous César, tâcha de le maintenir ^. Enfin le jeune César, h l'âge de dix-neuf ans, entreprit de venger la mort de son père % et chercha l'occasion de succéder à sa puissance.
Il sut se servir, pour ses intérêts, des ennemis de sa maison, et même de ses concurrents *.
Les troupes de son père se donnèrent à lui, touchées du nom de César, et des largesses prodigieuses ^ qu'il leur fit.
conjurés, se soulève à la voix du consul et court mettre le feu aux maisons des meurtriers de leur maître et bienfaiteur.