‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 17 sur 153 · Strab., lib. XV, init. B · texte numérisé non relu

Strab., lib. XV, init. B

2. Le Tharaca de l'Écriture. Tahraqa, Tirhakah, Tarqou, Tearkô, roi d'Ethiopie, qui descendit en Egypte avec les tribus du Haul-Nil. 11 vainijuit, prit, et tua le roi égyptien Sliabatok (692). Il régna vingt ans, jusqu'à ce que l'invasion assyrienne vînt le renverser. Son vainqueur, Assour-akhè-idin, successeur de Sin-akhè-irib, organisa le pays à la mode assyrienne, rendit une sorte d'indépendance aux vingt petits despotes indigènes qui se partageaient le territoire d'Egypte. Obligé de se réfugier en Ethiopie, Tahraqa, quelques années après, envahit de nouveau l'Egypte, battit les Assyriens, reconquit son ancien royaume, pour le perdre bientôt après. Il mourut en 666, après avoir régné vingl-si.x a: s sur l'Egypte et près de cinquante ans sur l'Ethiopie.

3. Sennachérib. Sin-akhè-irib, roi d'Assyrie, de 704 à 681. Nous le retrouverons plus loin.

4. Colonnes d'Hercule. Les anciens désignaient ainsi les monts Calpé et Abyla, situés l'un en Espagne, l'autre en Afrique, au détroit actuel de Gibraltar.

5. Aucune suite. Ce fut un événement passager, qui ne se continua par rien, qui disparut tout entier.

G. Hérod., lib. 111, cap. 20. B.

tant leur confiance dans leurs corps robustes et dans leurs bras nerveux. Leurs rois étaient électifs *, et ils mettaient sur le trône le plus grand et le plus fort. On peut juger de leur humeur par une action que nous raconte Hérodote. Lorsque Gambyse ^ leur envoya, pour les surprendre ^, des ambassadeurs et des présents tels que les Perses les donnaient, de la pourpre, des bracelets d'or et des compositions de parfums *, ils se moquèrent de ces pré-

1. Leurs rois étaient électifs. En apparence seulement, el pour la forme. Selon Maspero {Ilist. anc, p. 534), l'élection se faisait à Napata, capitale du royaume, dans le grand temple d'Ammon-Ilha, sous la surveillance des prêtres et en présence d'un certain nombre de délégués choisis à cet elTet par les magistrats, les lettrés, les soldats et les officiers du palais. Tous les frères ro'jaux, membres de la famille régnante, étaient introduits dans le sanctuaire et mis en présence de la statue du Dieu, qui indiquait par quelque signe convenu d'avance l'élu de son choix. Nommé en réalité par les prêtres, le souverain restait toute sa vie sous leur domination. Voy. Mariette, Quatre jmges des Archives officielles de l'Ethiopie, dans la Revue archéologique, sept. 1863; et Maspero, la Stèle de l'Intronisation .

2. Cambyse. Kambyzes II, fils aine et successeur de Cyrus le Grand, fondateur de l'empire perse. A l'héritage paternel, il voulut ajouter l'Egypte. Une seule bataille heureuse suffît pour détruire l'empire des Pharaons el l'en rendit maître (523). De là, il voulut marcher contre l'Ethiopie; mais, au lieu de remonter le Nil jusqu'à Napata, il prit la route plus courte du désert. Au quart du chemin, les vivres lui manquèrent^ et la famine l'obligea de revenir en Egypte, après avoir perdu beaucoup de monde. Ce désastre l'exaspéra; il commit en Egypte toutes sortes de cruautés et de sacrilèges; il était passe à l'état de fou furieux.

3. Pour les surprendre. Pour se procurer, par surprise, des renseignements sur le pays, Kambyzes, en effet, l'avait fait reconnaître par des espions, et c'est sur leur rapport qu'il quitta Memphis à la tète de son armée.

4. Des compositions de parfums. Mélange de plusieurs parfums. Expression latine et, pour Bossuet, biblique; très juste

sents * où ils ne voyaient rien d'utile à la vie, aussi bien que de ces ambassadeurs, qu'ils prirent pour ce qu'ils étaient, c'est-à-dire pour des espions. Mais leur roi voulut aussi faire un présent à sa mode au roi de Perse; et prenant en main un arc qu'un Perse eût à peine soutenu, loin de le pouvoir tirer, il le banda en présence des ambassadeurs, et leur dit : « Voici le conseil que le roi d'Ethiopie donne au roi de Perse : quand les Perses se pourront servir * aussi aisément que je viens de faire d'un arc de cette grandeur et de cette force, qu'ils viennent attaquer les Éthiopiens, et qu'ils amènent plus de troupes que n'en a Cambyse. En attendant, qu'ils rendent grâces aux dieux, qui n'ont pas mis dans le cœur des Éthiopiens le désir de s'étendre hors de leurs pays. » Cela dit, il débanda l'arc, et le donna aux ambassadeurs. On ne peut dire ^ quel eût été l'événement de la guerre. Cambyse, irrité de cette réponse, s'avança vers l'Ethiopie comme un insensé, sans ordre, sans

d'ailleurs. On lit dans VEcclés/asle, XLIX, i, ou plutôt dans le latin de saint Jérôme : Memoria Josi/e in compositionem odoris facta, opus pigmentarii. Bossuet dit ailleurs encore {Panêg. de saint François de Sales) : « Honorons sa bienheureuse mémoire, plus douce à tous les fidèles qu'une composition de parfums, comme parle l'Écriture, »

1. Ces présents. Les présents de Kambyzès n'étaient pas faits pour séduire les Éthiopiens. L'or, chez eux, était si commun qu'on l'employait aux usages les plus vils, même à enchaîner les prisonniers.

2. Se pourront servir. On disait des Éthiopiens qu'ils étaient les plus grands et les plus beaux des hommes, qu'ils duraient jusqu'à cent vingt ans, et au delà; qu'ils avaient une fontaine merveilleuse dont l'eau entretenait dans leurs membres une jeunesse perpétuelle. Voy. Ilérod., III, 20, 23.

3. On ne peut dire. C'est le désert, en effet, qui eut raison de Kambyzès et de son armée. Les terribles arcs des Ethiopiens n'y furent pour rien.

convois, sans discipline, et vit périr son armée faute de vivres, au milieu des sables, avant que d'approcher l'ennemi.

Ces peuples d'Ethiopie n'étaient pourtant pas si justes ' qu'ils s'en vantaient, ni si renfermés dans leur pays. Leurs voisins les Égyptiens avaient souvent éprouvé leurs forces ^ Il n'y a rien de suivi dans les conseils de ces nations sauvages et mal cultivées : si la nature y commence souvent de beaux sentiments, elle ne les achève jamais. Aussi n'y voyons-nous que peu de choses à apprendre et à imiter. N'en parlons pas davantage % et venons aux peuples pohcés '.

Les Égyptiens sont les premiers où ^ l'on ait su

Page 1