Commode. Voy. sup., page 32, note
3. Osiris. \]xi. des dieux les plus vénérés de l'Egypte. On lui donnait pour patrie terrestre Thèbes, la demeure d'Ammon- Rhâ. Il était aussi le plus populaire des dieux-rois. Son mythe, encore mystérieux et obscur, commence cependant à s'éclaircir. Osiris, l'être bon par excellence, personnifie la lutte du bien contre le mal. Dieu solaire et forme infernale de Rhà, il est l'éternel ennemi de Set, le dieu des ténèbres et de la nuit. Attaqué et vaincu chaque soir par son ennemi, il reparaît vainqueur comme le soleil, le matin. Lorsqu'il s'incarne sous une apparence terrestre, pour se rapprocher de l'homme, il revêt la forme tantôt du Bennou, espèce de vanneau, tantôt et plus souvent celle du bœuf Hapi, qui avait fini par devenir, aux yeux des Egyptiens, l'expression la plus complète de la divinité sous forme animale.
4. Le labourage, Diod., lib. I, sect. 1, n. 8; Plut., de Isid. et Osir. B. — La (luestion est de celles qu'il faut désespérer de résoudre jamais. Chaciue peuple a, là-dessus, sa solution. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la culture de la terre est vieille comme le monde, (ju'elle a été, comme tous les arts
LES EMPIRES i9
voisins de la terre d'où le genre humain s'est répandu '•, et on ne peut douter qu'il ne fût connu dès l'origine du monde. Aussi les Égyptiens donnent-ils eux-mêmes une si grande antiquité à Osiiis, qu'on voit bien qu'ils ont confondu son temps avec celui des commencements de l'univers, et qu'ils ont voulu lui attribuer les choses dont l'origine passait de bien loin tous les temps connus dans leur histoire. Mais si les Égyptiens n'ont pas inventé l'agriculture, ni les autres arts que nous voyons devant le déluge % ils les ont tellement perfectionnés, et ont pris un si grand soin de les rétablir parmi les peuples où la barbarie les avait fait oublier, que leur gloire n'est guère moins grande que s'ils en avaient été les inventeurs.
Il y en a même de très importants dont on ne peut leur disputer l'invention. Gomme leur pays
«ans exception, d'abord informe et grossière, et s'est peu à peu perfectionnée : c'est un peu tout le monde qui a découvert l'agriculture, et on la découvre encore tous les jours. I.es Égyptiens, qui ont eu, sur tous les peuples connus de nous, une avance de trois ou quatre mille ans de vie organisée et de civilisation, semblent aussi les plus autorisés à revendiquer cette belle découverte.
1. D'où le fjenre humain s'est répandu. Les différentes légendes s'accordent assez à placer le berceau du genre humain dans l'Asie centrale, vers le plateau de Pamir, toit du monde, d'où descendent vers le sud et vers louest lOxus, riaxarte, l'Indus. Moïse place plus bas, dans l'ancienne Médic, entre le Phase, l'Oxus, le Tigre et l'Euphrate, son Eden ou paradis terrestre.
2. Déluge. Pour Bossuet, le déluge, c'est celui de la Genèse (XI, 1-9). Mais .Moïse manque ici d'originalité. Le déluge, la tour des Langues, qui est devenue la tour de Babel, sont des traditions chaldéennes, propres aux Koushites des bords de l'Euphrate, et bien antérieures aux Hébreux. Yoy. Maspero, lîist. anc, ch. iv.
était uni, et leur ciel toujours pur et sans nuages % ils ont été les premiers à observer le cours des astres ^ Ils ont aussi les premiers réglé l'année *. Ces observations les ont jetés naturellement dans l'arithmétique; et s'il est vrai, ce que dit Platon *, que le soleil et la lune aient enseigné aux hommes la science des nombres, c'est-à-dire qu'on ait commencé les comptes ^ réglés par celui des jours, des mois et des ans, les Égyptiens sont les pre-
1. Pur et sans nuages. La pluie est presque inconnue en Egypte; sans le jSil, le pays serait un désert; et encore sa fertilité ne s'étend pas au-delà de la surface que le fleuve inonde dans ses crues périodiques.
2. Plat., Epjn.; Diod., lib. 1, sect. 2. n. 8; Hérod., lib. II, c. 4. B. — VEpinomis, que Bossuet attribue ici à Platon, est d'une authenticité douteuse et contestée aujourd'hui.
3. L'année. L'année primitive des Égyptiens, dit Maspero, ou du moins la première année que nous leur connaissions historiquement, se composait de 12 mois, de 30 jours chacun, soit en tout 360 jours. Ces 12 mois étaient partagés eo
3 saisons de 4 mois, et chaque mois en 3 décades. Comme l'année tropique contient 365 jours un quart, ou o jours et 6 heures en plus, les Égyptiens, à une époque préhistorique, s'en aperçurent et ajoutèrent 3 jours à leur année. Restait encore un écart de 6 heures par an, soit un jour tous les
4 ans : de sorte que, après 365 années X 4, ou 1460 ans, le retard était d'une année entière. On ajoutait alors une année, ce qui faisait 1461, et cette période s'appelait lay grande année, « qui ramène tout le ciel à son premier point. »
4. Plat, in Thn. B. — Ce que dit Platon, n'est pas autre chose qu'une parenthèse.
5. Commeiicé les comptes. Hypothèse peu sérieuse. Quand les hommes, ici les Égyptiens, ont commencé à compter les jours, les mois, les ans, ils étaient déjii d'une certaine force en arithmétique : l'homme a été du simple au composé, du facile au difficile, et non pas en sens contraire. L'unité mathémati(|ue a été révélée à l'homme par sa conscience même, et la perception lui a enseigné à peu près en même temps la pluralité. Telle est l'origine de la notion des quantités, le vrai point de départ de l'arithmétique.
miers qui aient écouté ces merveilleux maîtres. Les planètes et les autres astres ne leur ont pas été moins C(innus, et ils ont trouvé cette grande année qui ramène tout le ciel à son premier point. Pour reconnaître leurs terres tous les ans couvertes par le débordement du Nil , ils ont été obligés de recourir à l'arpentage, qui leur a bientôt appris la géométrie *. Ils étaient grands observateurs de la nature, qui, dans un air si serein et sous un soleil si ardent, était forte et féconde parmi eux ^. C'est aussi ce qui leur a fait inventer ou perfectionner la médecine '. Ainsi toutes les sciences ont été en grand honneur parmi eux. Les inventeurs des choses utiles recevaient, et de leur vivant et après leur mort, de dignes récompenses de leurs travaux. C'est ce qui a consacré les livres de leurs deux Mercures, et les a fait regarder comme des livres divins. Le premier de tous les peuples où * on voie des bibliothèques ^ est celui d'Egypte. Le titre qu'on