Diod., ibid. et 30 ; Hérod., lib. II, c. 4. B
3. La médecine. Sur la médecine égyptienne, outre un traité dont rinvcnlion était attribuée au règne de Chéops, et qui n'a pas encore été publié, nous possédons deux livres, dont les manuscrits remontent à la XVIII« et à la XIX» dynastie. D'après ce que dit Diodore (I, 82), il y aurait eu en quelque sorte une médecine officielle d'origine réputée divine, d'après laquelle les médecins devaient traiter les malades. La médication était très simple et consistait en pommades, potions, cataplasmes, clyslères (Hérod.. 11,17). On pratiquait aussi les conjurations et les formules magiques pour corroborer l'efficacité des remèdes.
4. Où. Sur cet adverbe, mis pour un pronom régi par une préposition, voy. sup., page 31, note o.
5. Des hibliothèques. Dans un des tombeaux de Gizeh, un grand fonctionnaire des premiers temps de la Vl'' dynastie prend le titre de Gouverneur de la maison des livres. Donc, à
leur donnait inspirait l'envie d'y entrer et d'en pénétrer les secrets : on les appelait le trésor des remèdes de Vâme '. Elle s'y guérissait de l'ignorance, la plus dangereuse de ses maladies, et la source de toutes les autres *.
Une des choses qu'on imprimait le plus fortement dans l'esprit des Égyptiens, était l'estime et l'amour de leur patrie. Elle était, disaient-ils, le séjour des dieux : ils y avaient régné durant des milliers infinis d'années ^ Elle était la mère des hommes et des
cette époque, non seulement il y avait une bibliothèque, mais son importance justifiait l'existence d'un haut fonctionnaire chargé de sa conservation. Elle devait se composer d'ouvrages religieux, des chapitres du Livre des morts, de traités scientitiqyes sur la géométrie, l'astronomie, la médecine, d'annales historiques, de manuels pratiques sur la philosophie et la morale. Tout cela, si nous l'avions, formerait, dit M. de Rougé {Recherches, p. 73), une bibliothèque qui serait bien plus précieuse pour nous que celle d'Alexandrie.
1. Diod., lib. I, sect. 2, n. o. B. — Diodore ne perd l'ien à être traduit par Bossuet : 'I/u/r,? îxTpetov, disait simplement l'inscription placée sur la bibliothèque d'Osymandyas.
2. La source de toutes les autres. Admirable témoignage rendu par Bossuet à l'influence bienfaisante de la science. Jadis Platon avait fait de cette profonde observation le principe même de sa morale. L"homnie, disait-il, n'est pas mauvais par nature; il ne pèche que par ignorance du beau, du vrai, du bien. Conclusion : instruisez-le. Toutefois, ni Platon, ni Bossuet n'entendaient qu'il fallût étendre universellement le bienfait de la science à tous les membres de la société. La science jadis était un privilège, une faculté : elle est devenue dans notre société moderne un droit et un devoir.
3. Des iiiilliers infinis d'années. Bien avant .Menés, le fondateur de la I""" dynastie, il y avait quelque chose, en Egypte, et cela depuis des milliers d'années : c'est la période préhistorique, c'est la nuit des temps, à laquelle se réfèrent les légendes religieuses, source des mythes égyptiens. Ainsi, la prétention des Chaldéens était qu'il ne s'était pas écoulé moins de six cent quatre-vingt-onze mille deux cents ans depuis le commencement du monde jusqu'au déluge : telle avait été la durée de la monarchie sous leurs anciens rois!
animaux que la terre d'Egypte, arrosée du Nil, avait enfantés pendant que le reste de la nature était stérile '. Les prêtres qui composaient l'histoire d'Egypte de cette suite immense de siècles, qu'ils ne remplissaient que de fables et des généalogies de leurs dieux, le faisaient pour imprimer dans l'esprit des peuples l'antiquité et la noblesse de leur pays. Au reste, leur vraie histoire était renfermée dans des bornes raisonnables ; mais ils trouvaient beau de se perdre dans un abîme infini de temps qui semblait les approcher de l'éternité.
Cependant l'amour de la patrie avait des fondements plus solides. L'Egypte était en effet le plus beau pays de l'univers, le plus abondant ^ par la nature, le mieux cultivé par l'art ^, le plus riche, le plus commode '', et le plus orné par les soins et la magnificence de ses rois.
Il n'y avait rien que de grand dans leurs desseins et dans leurs travaux. Ce qu'ils ont fait du Nil est incroyable. Il pleut rarement en Egypte, mais ce fleuve, qui l'arrose toute par ses débordements réglés % lui apporte les pluies et les neiges des