Diod., lib. I, sect. 1, n. 8. B
7. Clém. Alex., Strom., lib. YI, p. 633. B. — Il n'est pas facile de dire, même avec le texte de Clément d'Alexandrie, quel était précisément cet instrument, le plus grave des instruments de musique, qu'on portait en cérémonie à la procession de Trismégiste, et le détail ne devrait pas affecter
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Enfin l'Egypte n'oubliait rien pour polir l'esprit, ennoblir le cœur et fortifier le corps. Quatre cent mille soldats ' qu'elle entretenait étaient ceux de ses concitoyens qu'elle exerçait avec plus de soin. Les lois de la milice se conservaient aisément, et comme par elles-mêmes, parce que les pères les apprenaient à leurs enfants : car la profession de la guerre passait de père en fils comme les autres ^ ; et après les familles sacerdotales, celles qu'on estimait les plus illustres étaient, comme parmi nous, les familles destinées aux armes ^ Je ne veux pas dire pourtant que l'Egypte ait été guerrière. On a beau avoir des troupes réglées et entretenues, on a beau les exercer à l'ombre * dans les travaux militaires et
Bossnet qui nous déclare entre parenthèses qu'il « ne sait pas ce que c'est » : ni nous non plus. Le fait principal n'y perd rieu de sa signilicalion, et c'est là l'important.
1. Quatre cent mille soldats. Nombre en l'air, et difficile à concilier avec le chiffre probable de la population, lequel ne parait pas avoir été de plus de huit à dix millions, et avec ce que nous savons du régime des classes, de l'organisation sociale. H est certain que sous les rois guerriers et conquérants de la xvui» et de la xix" dynasties, les Thotmès III, les Sel! V'^, les Ramsès II, la puissance militaire de l'Egypte reçut de grands développements; mais ce fut un phénomène passager, que Bossuet généralise à tort. L'Egypte était un pays pacifique, comme Bossuet le reconnaît d'ailleurs quelques lignes plus bas.
2. Comme les autres. Sur l'organisation présumée du peuple égyptien en castes, voy. sup., page 34, note 1.
3. Les familles destinées aux armes. Il n'y avait pas précisément, du temps de Bossuet, de familles destinées aux armes; mais, dans toutes les familles nobles, un membre au moins portait Tépée, et c'est celui-là réellement qui soutenait l'éclat du nom. Il en est encore ainsi aujourd'hui dans les monarchies militaires de l'Europe, la Prusse, la Russie.
4. A l'ombre. Métaphore toute latine : in umbra, par opposition à in pulvere, in sole. Tacite dit {Ann., XIV, .j3) : studia in umbra educata. C'étaient là des images fort exprès-
parmi les images des combats, il n'y a jamais que la guerre et les combats effectifs qui fassent les hommes guerriers. L'Egypte aimait la paix parce qu'elle aimait la justice, et n'avait des soldats que pour sa défense '. Contente de son pays, où tout abondait % elle ne songeait point aux conquêtes. Elle s'étendait d'une autre sorte, en envoyant ses colonies par toute la terre % et avec elles la poli-
sives pour caractériser les études théoriques, les exercices spéculatifs, qui se fout à l'ombre des écoles, à loisir, sans péril, et les distinguer des vrais combats, au grand jour, et où le sang coule.
1. Que pour sa défense. Le tort de Bossuet est toujours de trop généraliser, dans un intérêt oratoire : de là, des contradictions apparentes, notamment celle qui existe entre ce qu'il dit ici et ce qu'on lit plus haut des quatre cent mille soldats de l'Egypte. Durant les quarante ou cinquante siècles qui mesurent son évolution, l'Egypte a été tour à tour belliqueuse, pacifique, conquise, conquérante, suivant le tempérament de ses innombrables rois, suivant les hasards et les conjonctures.
2. Ou tout abondait. Vrai en ce qui concerne les objets d'alimentation, les matériaux de construction, ou du moins la pierre, le granit. Le fer était rare. Le bois, pour la fabrication des navires, n'existait pas; et, quand elle voulut paraître sur mer, l'Egypte dut employer le concours des populations maritimes djB Syrie et de Phénicie, comme firent plus tard les rois de Perse, Darius, Xerxès.
3. Par toute la terre. C'est tout le contraire qui est vrai. Les Ég3'ptiens n'ont jamais été un peuple colonisateur. On ne trouve nulle part trace de ces prétendus établissements dont parle Bossuet. Race essentiellement sédentaire, pacifique, elle n'a pas dû s'éloigner de la vallée du Nil, ou en tout cas n'a laissé nulle part (race de son passage; pas plus, du reste, que les étrangers n'ont réussi à s'implanter chez elle, sinon passagèrement. Les envahisseurs, sur le sol d'Egypte, n'ont jamais été que campés. Aujourd'hui encore, les Européens sont nombreux dans les villes de l'Egypte, mais grâce à un renouvellement perpétuel : ils ne s'y reproduisent point, selon la remarque d'un homme qui connaît bien le pays, le « grand Français » Ferdinand de Lesseps.
tesse * et les lois. Les villes les {)lus célèbres venaient apprendre en Egypte leurs antiquités ^ et la source de leurs plus belles institutions '. On la consultait de tous côtés sur les règles de la sagesse. Quand ceux d'Élide * eurent établi les Jeux Olympiques % les plus illustres de la Grèce, ils recherchèrent par une ambassade solennelle l'approbation des Égyptiens, et apprirent d'eux de nouveaux moyens d'encourager les combattants '^. L'Egypte
1. La politesse. Dans le sens étymologique du grec TroA'.xEia : la culture inlellecluelle, morale, eslliélique, économique, en un mot la civilisation.
2. Leurs antiquités. C'est-à-dire le secret de leurs origine?, avant leur organisation, et dans leur période en quelque sorte préhistorique; comme si les lettrés égyptiens devaient connaître mieux qu'eux-mêmes toutes ces choses-là.