‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 54 sur 153 · LES ASSYRIENS ANCIENS ET NOUVEAUX, LES MÈDES ET CYRUS · texte numérisé non relu

LES ASSYRIENS ANCIENS ET NOUVEAUX, LES MÈDES ET CYRUS

Le grand empire des Égyptiens est comme détaché de tous les autres ', et n'a pas, comme vous voyez, une longue suite ^ Ce qui nous reste à dire est plus soutenu, et a des dates plus précises.

Nous avons néanmoins encore très peu de choses certaines touchant le premier empire des Assyriens^ ;

1. Détaché de tous les autres. Pas clair, et le peu qu'on y voit ne peut être accepté. L'Egypte a vécu forte chez elle, isolée si l'on veut, mais seulement à l'époriue où l'histoire ne nous montre dans le monde aucune puissance constituée, capable de lui porter ou d'en recevoir la guerre. Lorsque surgissent des nations rivales, l'Egypte est tantôt conquérante, tantôt conquise. Au sud, ce sont les Éthiopiens et les Soudaniens ; au nord, les Assyriens, les Chaldôens, les Phéniciens, les Arabes, les Juifs, puis les Grecs et enfin les Romains qui sont constamment en rapport avec elle, par le commerce ou par les armes. Au vn^ siècle, l'islamisme la conquiert. En un mot, jamais empire n'a été, moins que l'Egypte, « détaché de tous les autres ».

2. Une longue suite. L'Egypte, depuis Menés, le fondateur connu de la monarchie égyptienne, jusqu'à la chute de Psamétik III (523), compte quarante-cinq siècles d'existence et justifie de l'existence de vingt-six dynasties légitimes. Si ce n'est pas là une longue suite, c'est à n'y plus rien comprendre.

3. Le premier empire des Assyriens. Dans l'histoire des Assyriens, on peut distinguer trois phases dilTéreutes : 1° la période légendaire ou de formation, les temps primitifs, sur lesquels nous sommes réduits à de pures hypothèses, vu le

mais enfin, en quelque temps qu'on en veuille placer les commencements, selon les diverses opinions des historiens, vous verrez que, lorsque le monde était partagé en plusieurs petits États, dont les princes songeaient plutôt à se conserver qu'à s'accroître, Ninus ', plus entreprenant et plus puissant que ses voisins, les accabla les uns après les autres, et poussa bien loin ses conquêtes du côté de l'Orient -. Sa femme, Sémiramis, qui joignit à l'ambition assez ordinaire à son sexe ^ un courage et une suite de conseils * qu'on n'a pas accoutumé ^ d'y trouver,

manque de raonuments; 2» le premier empire assyrien, dont l'histoire est fort incertaine encore, mais déjà mieux connue sur certains points, notamment en ce qui concerne les exploits et les conquêtes de Touklat-liahal-asar 1"', dont il faut placer le règne vers le milieu du xn^ siècle; 3» le second empire, qui commence vers 1020 avec une dynastie nouvelle, eut des commencements pénibles, mais redevint conquérant avec Assour-nazir-habal (roi en 882}, Salmau-asar III 1^827-822), Touklat-habal-asar II (745-726).

1. yiniis. Bossuet confond ici Thistoire avec les légendes mythologiques qui se formèrent plus tard en Orient, vers l'époque perse, et que les voyageurs et les écrivains grecs, tels que Hérodote et Ctésias, acceptèrent sans discussion. Ninus et Sémiramis, dit Maspero [Hist. anc, p. 278), n'appartiennent pas à l'histoire : ils forment un couple divin et cachent ^ous leur nom la figure d'Adar-Samdan et d'Istar, l'Hercule ot la Vénus assyriens. Leurs exploits doivent être rangés au nombre des fables dont l'épopée babylonienne avait rempli les premiers âges du monde. Voy. Fr. Lenormant. la Légende de Sémiramis, 1872.

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