Plat., De leg., III. B
3. N'en prit pas assez. Construction forcée et même irrcgulière. En tient ici la place du mot soins, exprimé quelques mots plus haut, qui joue ainsi deux rôles, dont le second était fort inattendu. Le mérite de la concision n'excuse point un tel abus de langage.
4. Darius. Après la mort de Kambouzia II, un mage imposteur, Gaumatà, surprit le pouvoir et se fit accepter comme fils de Cyrus. La fraude fut découverte, et Gaumalâ fut renversé et tué par sept des principaux seigneurs persans, et à leur tête, Daryavous (Aapsto;, Darius) fils de Vistacpâ (Hystaspès), letiuel fonda la dynastie qui fut renversée en 330 par Alexandre le Grand.
vie privée fut élevé sur le trime, apporta de meilleures dispositions à la souveraine puissance, et fit quelques eflbrts pour réparer les désordres '. Mais la corruption était déjà trop universelle : l'abondance avait introduit trop de dérèglement dans les mœurs, et Darius n'avait pas lui-même conservé assez de force pour être capable de redresser tout à fait les autres. Tout dégénéra sous ses successeurs, et le luxe des Perses n'eut plus de mesure.
Mais, encore que ces peuples devenus puissants eussent beaucoup perdu de leur ancienne vertu en s'abandonnant aux plaisirs, ils avaient toujours conservé quelque chose de grand et de noble '. Que peut-on voir de plus noble que l'horreur qu'ils avaient pour le mensonge 2, qui passa toujours parmi eux pour un vice honteux et bas? Ce qu'ils trouvaient le plus lâche, après le mensonge, était
1. Darius I^', 523-485, fut le véritable organisateur de l'empire fondé par Cyrus. Il le divisa en vingt-trois satrapies, el établit dans chacune un mécanisme administratif savant et compliqué : trois officiers indépendants l'un de l'autre, le satrape, le secrétaire royal, le général: sans préjudice des officiers extraordinaires, sorte de missi dominici, qu'on nommait les yeux et les oreilles du roi, et qui promenaient partout l'inquisition, la terreur et la mort. En bonnes mains, ce système eût donné longtemps de sérieux résultats.
2. De grand et de noble. Ce tableau, que fait Bossuet des mœurs des Perses, est loin d'avoir été fait d'après nature. Il a été brodé d'après les livres de Platon, d'Hérodote, de Xénophon, auxquels Bossuet se réfère sans cesse. L'horreur des Perses pour le mensonge est une pure fantaisie de Bossuet. Au contraire, la perfidie, le parjure, la corruption, la vénalité figuraient en première ligne parmi les procédés de gouvernement des satrapes et de leur maître. La retraite des Dix Mille, les guerres médiques, l'histoire des rapports de la Grèce avec les satrapes d'Asie fourmillent de preuves à cet égard.