Plat., Alcib., I; Hérod., lib. I, cap. 138. B
ÏIH DISCOURS SUR l'histoire UNIVERSELLE
de vivre d'emprunt. Une telle vie leur paraissait fainéante *, honteuse, servile, et d'autant plus méprisable qu'elle portait à mentir ^ Par une générosité naturelle à leur nation, ils traitaient honnêtement ^ les rois vaincus. Pour peu que les enfants de ces princes fussent capables de s'accommoder * avec les vainqueurs, ils les laissaient commander dans leur pays avec presque toutes les marques de leur ancienne grandeur ^ Les Perses étaient honnêtes, civils, libéraux ^ envers les étrangers, et ils savaient s'en servir^. Les gens de mérite étaient connus parmi eux, et ils n'épargnaient rien pour les gagner. Il est vrai qu'ils ne sont pas arrivés à la connaissance parfaite de cette sagesse qui apprend à bien gouverner. Leur grand empire fut toujours régi avec quelque confusion ^. Ils ne
1. Fainéante. Étymolosiqiiement, ou ne s'explique pas très bien cet adjectif applicjué aux choses matérielles, inertes.
2. Elle portait à mentir. Parce que l'emprunt dont il s'agit était, non pas l'opération réirulière qui consiste à emprunter avec intérêts et promesse de rendre, mais une sorte de mendicité.
3. //o?!«e7e??2e?if. D'une manière honorable. Cf. Rac, P/«/d., 1, 7 :
Et celte pension, madame, est-elle forte?
Je n'en vivrais, monsieur, que trop honnêtement.
4. S'accommoder. Vivre en bonne intelligence. Cf. La Font., VI, 18 :
Les frères désunis sont tous d avis contraire.
L'un veut s'accommoder, l'autre n'eu veut rien faire.