‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 84 sur 153 · Xénoph., De rep. lac. B · texte numérisé non relu

Xénoph., De rep. lac. B

étaient naturellement plus doux et plus agréables. Il n'y avait rien de plus délicieux à voir que leur ville, où les fêtes et les jeux, étaient perpétuels, où l'esprit, où la liberté et les passions donnaient tous les jours de nouveaux spectacles '. Mais leur conduite inégale déplaisait à leurs alliés et était encore plus insuj^ortable à leurs sujets ^ Il fallait essuyer les bizarreries d'un peuple flatté %• c'està-dire, selon Platon, quelque chose de plus dangereux que celles d'un prince gâté pai- la flatterie '*, Ces deux villes ne permettaient point à la Grèce de demeurer en repos. Vous avez, vu ^ la guerre du

1. Plat., De rep., lib. VIII. B. — Dans cet ordre d'idées Thucydide fait dire à Périciès (ii, 38) : « Nous avons ménagé à l'esprit des délassements sans nombre, soit par des jeux et des sacrifices périodiques, soit, dans l'intérieur de nos maisons, par une élégance dont le charme journalier dissipe les tristesses de la vie. La grandeur de notre ville fait affluer dans son sein les trésors de toute la terre, et nous jouissons complètement des produits étrangers comme de ceux de notre sol. »

2; A leurs sujets. Plus haut, dans la même phrase, il est question d'alliés. Il y avait en effet l'un et l'autre dans le vaste empire colonial d"Athènes. Les premiers conquis, annexés après les victoires, subissaient un véritable joug, quand ce n'était pas une sorte d'esclavage. Malheur à ceux qui, comme les Mityléniens, essayaient de se révolter et de revendiquer leur indépendance! Les autres étaient entrés plus ou moins librement, ci seguo jure, dans l'alliance : avec ceux-là, Athènes gardait quelque fois des ménagements, dont les autres étaient privés.

3. Un peuple flatté. Allusion au passage de Platon visé plus haut, où le philosophe grec montre le peuple enivré par le vin }yur de la liberté que lui versent de mauvais échansons pour le mieux égayer, au grand détriment de l'ordre public.

4. L'n prince gâté par la flatterie. Bossuet n'oublie jamais qu'il écrit pour linslruction d'un prince destiné à régner, et il manque rarement l'occasion de joindre l'enseignement moral à l'exposé historique.

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