A une autre famille. Après la mort d'Alexandre, la Macé
renommé et le plus illustre qui fut jamais, a été le dernier roi de sa race. S'il lut demeuré paisible dans la Macédoine, la grandeur de son empire n'aurait pas tenté ses capitaines, et il eût pu laisser à ses enfants le royaume de ses pères *. Mais parce qu'il avait été trop puissant, il fut cause de la perte de tous les siens : et voilà le fruit glorieux de tant de conquêtes ^
Sa mort fut la seule cause de cette grande révolution. Car il faut dire, à sa gloire, que si jamais homme a été capable de soutenir un si vaste empire, quoique nouvellement conquis, c'a été sans doute Alexandre, puisqu'il n'avait pas moins d'esprit * que de courage. Il ne faut donc point imputer à ses fautes, quoiqu'il en ait fait de grandes, la chute de sa famille, mais à la seule mortalité '*; si ce n'est
doine passa tour à tour sous le joug d'un roi d'Épire, Pyrrhus; d'un roi de Thrace, Lysimaque; d'uQ prince lagide, Ptolémée Keraunos, sans compter une foule de chefs militaires, jusqu'à ce qu'enfin Antigone Gonatas s'empara de la couronne (278), que sa famille garda jusqu'à la conquête romaine (168).
1. Le royaume de ses pères. Que le dauphin en fasse son profil! Ceci est écrit, ou du moins publié en 1681. C'est l'apogée du règne de Louis XIV. Des guerres heureuses, sinon toujours habilement soutenues, ont donné, peu s'en faut, à la France ses frontières naturelles. Bossuet ne peut prévoir les défis que Louis XIV va jeter à la face de l'Europe, ni les guerres désastreuses qui vont ensanglanter les trente dernières années de son règne et lui arracher à lui-même sur son lit de mort cet aveu si justifié : J'ai trop aimé la guerre! Mais les rénexions et les conseils de l'historien moraliste sont d'une éternelle opportunité.
2. Et voilà le fruit fjlorieux de tant de conquêtes! La chute est belle, éloquente; le mot est d'un grand effet oratoire, mais ce n'est <ju'un mot, et Bossuet lui sacrifie à tort les grands résultats, les modifications profondes inaugurés par la conquête d'Alexandre. Voy. sup., page 151, note l.