‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 93 sur 153 · Mortalité. Un des sens du latin mortalitas : condition · texte numérisé non relu

Mortalité. Un des sens du latin mortalitas : condition

qu'on veuille dire ' qu'un homme de son humeur, et que son ambition engageait toujours à entreprendre, n'eût jamais trouvé le loisir d'établir les choses.

Quoi qu'il en soit, nous voyons par son exemple qu'outre les fautes que les hommes pourraient corriger, c'est-à-dire celles qu'ils t'ont par emportement ou par ignorance, il y a un faible irrémédiable inséparablement attaché aux desseins humains; et c'est la mortalité. Tout peut tomber en un moment par cet endroit-là ^ ; ce qui nous force d'avouer que comme ' le vice le plus inhérent, si je puis parler de la sorte, et le plus inséparable des choses humaines, c'est leur propre caducité, celui qui sait conserver et affermir un État a trouvé un plus haut point * de sagesse que celui qui sait conquérir et gagner les batailles.

humaine, caractérisée par la nécessité de mourir. En ce sens, il est fréquemment employé par les orateurs de la chaire. Cf. Massill., Avent [mort du pécheur) : « Voici enfin le juste juge qui vient briser les liens de votre mortalité, » Le mot est admirablement défini quelques lignes plus loin.

1. Si ce }i'est qu'on veuille dire. Tour absolument latin : ?iisi forte quis crcdat. Formule qui sert à prévoir une objection, une hypothèse, en général pour la réfuter. Ici, elle signifie : à moins (ju'on ue veuille dire.

2. Par cet endroit-là. Bo?suet alTectionne celte expression dédaigneusement familière à rencontre de la faible humanité. Il dit ailleurs : La sagesse humaine, toujours courte par quelque endroit. — Et encore : Il faut périr par quelque endroit.

3. Que comme. Tour emprunté au latin ; quum, avec le subjonctif, vu que, étant donné que...

4. Point. Dans le sens de degré, période. Cf. Hamilt., Gramm., 6 : « Cromwel était au plus haut point de gloire. » — Régnier, Élég. IV :

Mais qui pourrait atteindre au point de son mérite?

Il n'est pas besoin que je vous raconte en détail ce qui fit périr les royaumes formés du débris * de l'empire d'Alexandre, c'est-à-dire celui de Syrie, celui de Macédoine et celui d'Egypte. La cause commune de leur ruine est qu'ils furent contraints de céder à une plus grande puissance, qui fut la puissance romaine ^. Si toutefois nous voulions considérer le dernier état de ces monarchies, nous trouverions aisément les causes immédiates de leur chute ; et nous verrions, entre autres choses, que la plus puissante de toutes ^, c'est-à-dire celle de Syrie, après avoir été ébranlée par la mollesse et le luxe de la nation, reçut enfin le coup mortel par la division de ses princes.

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