Le peuple romain. Où? A quelle époque? Quel peuple
De tout cela s'est formée la meilleure milice et la politique la plus prévoyante, la plus ferme et la plus suivie qui fut jamais.
Le fond * d'un Romain, pour ainsi parler, était l'amour de sa * liberté et de sa patrie. Une de ces choses lui faisait aimer l'autre; car, parce qu'il aimait sa liberté, il aimait aussi sa patrie comme une mère qui le nourrissait ^ dans des sentiments également généreux et libres.
Sous ce nom de liberté, les Romains se figuraient, avec les Grecs, un État où personne ne fût sujet que de la loi, et où la loi fût plus puissante que les hommes *.
romain? C'est ici le défaut capital de la méthode et de l'ouvrage de Bossuet. Il se forge, à distance, un peuple romain idéal, conventionnel, fantaisiste, supprime la durée, les changements, en un mot l'évolution. Celte façon de généraliser est très commode sans doute, en éloquence, mais absolument nuisible à la vérité historique. Nous aurons bien des fois, dans ce chapitre, l'occasion et le devoir de le faire remarquer.
1. Le fond. Au figuré, ce qui fait comme un fond propre, une base, un fondement, quelque chose qui persiste et est indispensable au reste. On l'employait bien avant Bossuet, mais avec un complément de chose : le fond de la nature humaine, le fond d'un talent. Bossuet crée une application nouvelle en disant : le fond d'un Romain.
2. Sa et non pas la liberté. Rien d'égoïste, en effet, et d'exclusif comme le patriotisme dans l'antiquité, et surtout à Rome. Le vieux Romain ne distingue pas entre l'étranger et l'ennemi; et le même mot, hostis, les désigne longtemps tous les deux.