‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 31 sur 110 · PART. L LES ÉPOQUES. VIII CYROS, OU LES JUIFS RÉTABLIS · texte numérisé non relu

PART. L LES ÉPOQUES. VIII CYROS, OU LES JUIFS RÉTABLIS

Smerdis régna quelque temps sous le nom de Smerdis, frère de Cambyse ; mais sa fourbe fut bientôt découverte. Les sept principaux seigneurs conjurèrent contre lui, et l'un d'eux fut mis sur le trône3. Ce fut Darius, fils d'Hystaspe, qui s'appeloit dans ses inscriptions le meilleur et le mieux fait de tous les hommes1. Plusieurs marques le font reconnoitre pour l'Àssuérus du livre d'Esfher, quoiqu'on n'en convienne pas2. Au commencement de son règne, le temple fut achevé, après diverses interruptions causées par les Samaritains 3. Une haine irréconciliable se mit entre les deux peuples, et il n'y eut rien de plus opposé que Jérusalem et Samarie. C'est du temps de Darius que commence la liberté de Rome et d'Athènes , et la grande gloire de la Grèce Mïarmodi us et Aristogilon, Athéniens , délivrent leur pays d'Iiipparque, fils de Pisistrate, et sont tués par ses gardes b. ilippias, frère d'Hipparque, tache en vain de se soutenir. Il est chassé c : la tyrannie des Pisistratides est entièrement éteinte. Les Athéniens affranchis dressent des statues à leurs libérateurs, et rétablissent l'état populaire. Hippias se jette entre les bras de Darius, qu'il trouva déjà disposé à entreprendre la conquête de la Grèce, et n'a plus d'espérance qu'en sa protection. Dans le temps qu'il fut chassé, Rome se défit aussi de ses tyrans *. Tarquin le Superbe avoii vendu par ses violences la royauté odieuse : Pimpudicité de Sexle , son fils , acheva de la détruire. Lucrèce déshonorée se iua elle-même : son sang et les harangues de Brutus animèrent les Piomains. Les rois furent bannis, et l'empire consulaire fut établi suivant les projets de Servius ïullius; mais il fut bientôt affoibli par la jalousie du peuple. Dès le premier consulat, P. Valérius, consul, célèbre par ses victoires, devint suspect à ses citoyens; et il fallut, pour les contenter, établir la loi qui permit d'appeler au peuple, du sénat et des consuls, dans toutes les causes où il s'agissoit de châtier un citoyen. Les ïarquins chassés trouvèrent des défenseurs : les rois voisins regardèrent leur bannissement comme une injure faite à tous les rois; et Porsenna, roi des Clusiens, peuple d'Étrurie,

a Av. I.-C 521 ans. B. — b 513 ans. B. — c 510 ans. B. ou 500

BÉNÉD.

1 Herod., lib. iv, c. xci. B. — 2 «Quoiqu'on n'en convienne pas. » Quoique tous les historiens ne s'accordent pas sur ce point. — 3 1 Esdr., v, 6. B. — *Bossuet s'en tient, pour les premiers temps de l'histoire romaine, à ia tra-i dition ordinaire et aux récits consacrés. Il est certain qu'il y a des fables parmi ces récits,' mais il ne s'ensuit pas de là que tout soit Taux, comme le prétendent certains esprits trop amis du paradoxe.

prit les armes contre Rome". Réduite à l'extrémité, et presque prise, elle fut sauvée par la valeur d'Horatius Coclés. Les Romains lirent des prodiges pour leur liberté : Scévola, jeune citoyen, sebrùlala main qui avoit manqué Porsenna; Clélie, une jeune fille, étonna ce prince par sa hardiesse; Porsenna laissa Rome en paix , et les Tarquins demeurèrent sans ressource. Hippias, pour qui Darius se déclara, avoit de meilleures espérances6. Toute la Perse se remuoit en sa faveur, et Athènes étoit menacée d'une grande guerre. Durant que Darius en faisoit les préparatifs , Rome , qui s'étoit si bien défendue contre les étrangers, pensa périr1 par elle-même : la jalousie s'étoit réveillée entre les patriciens et le peuple; la puissance consulaire, quoique déjà modérée par la loi de P. Yalériu« , parut encore excessive à ce peuple trop jaloux de sa liberté. 11 se retira au mont Aventin c : les conseils violents furent inutiles 2 ; le peuple ne put être ramené crue par les paisibles remontrances de Ménénius Agrippa; mais il fallut trouver des tempéraments, et donner au peuple des tribuns pour le défendre contre les consuls. La loi qui établit cette nouvelle magistrature fut appelée la loi sacrée; et ce fut là que commencèrent les tribuns du peuple. Darius avoit enlin éclaté contre la Grèce. Son gendre Mardonius, après avoir traversé l'Asie, croyoit accabler les Grecs par le nombre de ses soldats : mais Miltiade délit cette armée immense dans la plaine de Marathon, avec dix mille Athéniens*1. Rome battoit tous ses ennemis aux environs, et sembloit n'avoir à craindre que d'elle-même. Coriolan , zélé patricien, et le plus grand de ses capitaines, chassé, malgré ses services, par la faction populaire, médita la ruine de sa patrie6, mena les Volsques contre elle, la réduisit à l'extrémité, et ne put être apaisé que par sa mèref. La Grèce ne jouit pas longtemps du repos que la bataille de Marathon lui avoit donné. Pour venger l'affront de la Perse et de Darius, Xerxès, son fils et son successeur, et petit-fils de Cyrus par sa mère Atossc, attaqua les Grecs avec onze cent mille combattants (d'autres

disent dix-sept cent mille), sans compter son année navale de

a Av. J.-C. .'07 ans. B. — * 500 ans. B. — « 493 ans. B. — * 490 ans. B. — « 489 ans. D. — f 488 ans. B.

1 Pensa périr. Pensa, gallicisme, pour manquer de. — * Les rêsotulions violentes n'eurent aucun effet. Inutile da:is cette acception est poétique.

Et la rame inutile Fauguoit Taiueuicoi une mot immobile.

(Ucitri. Ipkifènic.

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