‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 35 sur 110 · VIII. CYRUS, OU LES JUIFS RÉTABLIS · texte numérisé non relu

VIII. CYRUS, OU LES JUIFS RÉTABLIS

De là vient que, du temps de Jésus-Christ, on voit encore les Samaritains attachés au même culte, et condamnés par Jésus-Christ1.

Ce peuple a toujours subsisté depuis ce temps-là, en deux ou trois endroits de l'Orient. Un de nos voyageurs Fa connu, et nous en a rapporté le texte du Pentateuque qu'on appelle Samaritain, dont on voit à présent l'antiquité ; et on entend parfaitement toutes les raisons pour lesquelles il est demeuré en l'état où nous le voyons.

Les Juifs vivoientavec douceur2 sous l'autorité d'Artaxerxe. Ce prince, réduit par Cimon, fils de Miltiade, général des Athéniens, à faire une paix honteuse, désespéra de vaincre les Grecs par la force, et ne songea plus qu'à profiter de leurs divisions. 11 en arriva de grandes entre les Athéniens et les Lacédémoniens. Ces deux peuples, jaloux l'un de l'autre, partagèrent toute la Grèce. Périclès, Athénien, commença la guerre du Péloponnèse0, durant laquelle Théramènc, Thrasybule et Alcibiade, Athéniens, se rendent célèbres. Brasidas et Myndare, Lacédémoniens, y meurent en combattant pour leur pays. Cette guerre dura vingt-sept ans, et finit à l'avantage de Lacédémone, qui avoit mis dans son parti Darius, nommé le Bâtard, fils et successeur d'Artaxerxe. Lysandrc, général de l'armée navale des Lacédémoniens, prit Athènes6, et en changea30 le gouvernement. Mais la Perse s'aperçut bientôt qu'elle avoit rendu les Lacédémoniens trop puissants. Ils soutinrent c le jeune Cyrus dans sa révolte contre Artaxerxe, son aîné, appelé Mnémon à cause de son excellente mémoire, fils et successeur de Darius. Ce jeune prince, sauvé de la prison et de la mort par sa mère Parysatis, songe à la vengeance, gagne les satrapes par ses agréments infinis, traverse l'Asie mineure, va présenter la bataille au roi son frère dans le cœur de son empire, le blesse de sa propre main ; et, se croyant trop tôt vainqueur, périt par sa témérité. Les dix mille Grecs qui le servoient font cette retraite étonnante, où commandoit à la fm Xénophon, grand philosophe et grand capitaine, qui en a écrit l'histoire. Les Lacédémoniens continuoient à attaquer l'empire des Perses, qu'Agésilas, roi de Sparte, fit trembler dans l'Asie

a Av. J.-C. 431 ans. B. — b 404 ans. B. c — 401 ans. B.

* Joan. iv, 23. B.~ 2 Avec douceur est pris ici passivement ; vivaient gonrernés doucement. Ce sens est peu usité. — 3 « En changea. » En est ici vague et pea correct. Voy. ci-dessous, Koociue Xî, p. 92, nnîe 4

|8 FAKT1E I. LES ÉPOQUES.

mineure ° : mais les divisions de la Grèce ie rappelèrent en son pays.

En ce temps la ville de Véies, qui égaloit presque la gloire de Rome, après un sie'ge de dix ans et beaucoup de divers succès, fut prise par les Romains, sous la conduite de Camille. Sa générosité lui fit encore une autre conquête. Les Falisques, qu'il assiégeoit, se donnèrent à lui6, touchés de ce qu'il leur avoit renvoyé leurs enfants, qu'un maître d'école lui avoit livrés. Rome ne vouloit pas vaincre par des trahisons, ni profiter de la perfidie d'un lâche, qui abusoit de l'obéissance d'un âge innocent. Un peu après, les Gaulois Sénonois entrèrent en Italie, et assiégèrent Clusiumc. Les Romains perdirent contre eux la fameuse bataille d'Alliad. Leur ville fut prise et brûlée. Pendant qu'ils se défendoient dans le Capitule, leurs affaires furent rétablies par Camille qu'ils avoient banni. Les Gaulois demeurèrent, sept mois maîtres de Rome; et, appelés ailleurs par d'autres affaires, ils se retirèrent chargés de butin1.

Pendant les brouilleries de la Grèce, Épaminondas, Thébain, se signala par son équité et par sa modération, autant que par ses victoires6. On remarque qu'il avoit pour règle de ne mentir jamais, môme en riant. Ses grandes actions éclatent dans les dernières années de Mnémon, et dans les premières d'Ochus Sous un si grand capitaine, les Thébains sont victorieux, et la puissance de Lacédémone est abattue.

Celle des rois de Macédoine commence avec Philippe, père d'Alexandre le Grande Malgré les oppositions d'Ochus, et d'Aisès son fils, roi de Perse, et malgré les difficultés plus grandes encore que lui suscitoit dans Athènes l'éloquence de Démosthène, puissant défenseur de la liberté, ce prince, victorieux durant vingt ans, assujettit toute la Grèce, où la bataille de Chéronée, qu'il gagnai sur les Athéniens et sur leurs alliés, lui donna une puissance absolue. Dans cette fameuse bataille, pendant qu'il rompoit les Athéniens, il eut la joie de voir Alexandre, à l'âge de dix-huit ans, enfoncer les troupes thébainesde la discipline d'Lpaminondas2, et entre autres la troupe sacrée, qu'on appeloit des Amis, qui se croyoit invincible. Ainsi maître de la Grèce, et soutenu par un fils d'une si grande espé-

a Av. J.-C. 59G ans. B.— * 594 ans. B.— e 391 ans. B. — d 590 ans. B. — e 571 ans. B. — f 559 ans. V>. — 0 558 ans. B.

1 l'olyb., !ib. i, c. vi ; lib. Il, c. xvm, XXII. B.— i « De la discipline d'Epanr.lnondas.t Formes selon la lactique d'Epamiuondas. Latinisme. Disciplines règle, art, instruction.

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