‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 66 sur 110 · PART.I. LES ÉPOQUES.-XI. CONSTANTIN, OU LA PAIX DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

PART.I. LES ÉPOQUES.-XI. CONSTANTIN, OU LA PAIX DE L'ÉGLISE

las d'obéir aveuglément à une mère si impérieuse, il tâchoit d5 l'éloigner des affaires, où elle se maintenoit malgré lui.

Alphonse le Chaste régnoit en Espagne0. La continence perpétuelle que garda ce prince lui mérita ce beau titre, et le rendit digne d'affranchir l'Espagne de l'infâme tribut de cent filles que son oncle -Mauregat avoit accordé aux Maures. Soixante-dix mille de ces infidèles, tués dans une bataille, avec Mugait, leur général, firent voir la valeur d'Alphonse.

Constantin tâchoit aussi de se signaler contre les Bulgares ; mais les succès ne répondoient pas à son attente. Il détruisit à la fin tout le pouvoir d'Irène ; et, incapable de se gouverner lui-même autant que de souffrir l'empire d' autrui, il répudia sa femme Marie, pour épouser Théodote, qui étoità elle61. Sa mère, irritée, fomenta les troubles c que causa un si grand scandale. Constantin périt par ses artifices. Elle gagna le peuple en modérant les impôts, et mit dans ses intérêts les moines avec le clergé par une piété apparente. Enfin elle fut reconnue seule impératrice.

Les Romains méprisèrent ce gouvernement, et se tournèrent à Charlemagne, qui subjuguoit les Saxons, réprimoitles Sarrasins, détruisoit les hérésies, protégeoit les papes, attiroit au christianisme les nations infidèles, rétablissoit les sciences et la discipline ecclésiastique, assembloit de fameux conciles où sa profonde doctrine2 étoit admirée, et faisoit ressentir non-seulement à la France et a l'Italie, mais encore à l'Espagne, à l'Angleterre, à la Germanie et partout, les effets de sa piété et de sa justice3.

« ANS de J.-C. 793. — * 795. — « 796.

1 Qui était une des filles de sa suite, de sa maison. — * Doctrine signifie ici science, instruction, comme dans cette phrase: « Cet homme a beaucoup de doctrine; » et non opinion particulière, ou corps d'opinions; comme lors« qu'on dit : La doctrimde Platon, ladoclrine d' Arislote, clc. Aujourd'hui doctrine se prend le plus ordinairement dans ce dernier sens. Voy. le Digtionn pz I'Acad. — 3 En peu de lignes, Bossuet fait le plus bel éloge de Charlem*çoe, et conclut ainsi heureusement cette onzième époque.

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