‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 65 sur 110 · XI. CONSTANTIN, OU LA PAIX DE L'ÉGLISE. i · texte numérisé non relu

XI. CONSTANTIN, OU LA PAIX DE L'ÉGLISE. i

précédoient tous les autres : celui de Rome, celui d'Alexandrie, et celui d'Antioche. Le concile de Nicée avoit approuvé que l'évêque de la Cité sainte eût le même rang1. Le second et le quatrième concile élevèrent le siège de Constantinopîe, et voulurent qu'il fût le second 2. Ainsi il se fit cinq sièges que, dans la suite des temps, on appela patriarcaux. La préséance leur étoit donnée dans le concile. Entre ces sièges, le siège de Rome étoit toujours regardé comme le premier, et le concile de INicée régla les autres sur celui-là3. Il y avoit aussi des évêques métropolitains, qui éloient les chefs des provinces, et qui précédoient les autres évêques. On commença assez tard à les appeler archevêques ; mais leur autorité n'en étoit pas moins reconnue. Quand le concile étoit formé, on proposoit l'Écriture sainte ' ; on lisoit les passages des anciens Pères, témoins de la tradition : c'étoit la tradition qui interprétoit l'Écriture 5 ; on croyoit que son vrai sens étoit celui dont les siècles passés étoient convenus, et nul ne croyoit avoir droit de l'expliquer autrement. Ceux qui refusoient de se soumettre aux décisions du concile étoient frappés d'anathème. Après avoir expliqué la foi, on régloit la discipline ecclésiastique, et on dressoit les canons, c'est-à-dire les règles de l'Église. On croyoit que la foi ne changeoit jamais 6, et qu'encore que la discipline pût recevoir divers changements, selon les temps et selon les lieux, il falîoit tendre, autant qu'on pouvoit, à une parfaite imitation de l'antiquité. Au re-ste, les papes n'assistèrent que par leurs légats aux premiers conciles généraux ; mais ils en approuvèrent expressément la doctrine, et il n'y eut dans l'Église qu'une seule foi. Constantin et Irène firent religieusement exécuter les décrets du septième concile a : mais le reste de leur conduite ne se soutint pas. Le jeune prince, à qui sa mère fit épouser une femme qu'il n'aimoit point, s'emportoit à des amours déshonnêtes ; et,

• Ans eb J.-C. 787.

1 Conc. Nie, Can. vu, t. n; Conc, col. 51. B. — *Conc. C.P., I, Can. III ; ibid., col. 948; Conc. Chalc, Can. xxvni, t. iv, col. 769. B. — 8 Conc. Aïe, Can. vi, ubi sup. B. — 4 Scriptura sacra proponebatur. On lisait lei textes sacrés relatifs aux questions à décider. — 5 Telle est la règle constante de l'Eglise catholique, rejetée par les protestants, qui prétendent s'en tenir au texte de l'Ecriture, laissant A la science ou à l'inspiration personnelle de chacun le soin de l'interpréter. — 6 Le Christianisme est une religion définitive dans ses dogmes et sa morale ; il n'y a point lieu de prétendre y rien ajouter; les décisions de l'Eglise ne sont que des éclaircissements, et eiie les puise dans la tradition,

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