‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 68 sur 110 · J12 PART. 1. LES ÉPOQUES.- XII. CHARLEMAGNE, OU LE NOUVEL EMP IRE · texte numérisé non relu

J12 PART. 1. LES ÉPOQUES.- XII. CHARLEMAGNE, OU LE NOUVEL EMP IRE

tante, qui font le monde plus vieux, ou l'hébreu, qui le fait plus jeune de plusieurs siècles ; encore que l'autorité de l'original hébreu semble devoir l'emporter, c'est une chose si indifférente en elle-même, que l'Eglise, qui a suivi avec saint Jérôme la supputation de l'hébreu dans notre Vulgate, a laissé celle des Septante dans son Martyrologe. En effet, qu'importe à l'histoire de diminuer ou de multiplier des siècles vides, où aussi bien l'on n'a rien à raconter? N'est-ce pas assez que les temps où les dates sont importantes aient des caractères fixes, et que -la distribution en soit appuyée sur des fondements certains ? Et quand môme dans ces temps il y auroit de la dispute pour quelques années, ce ne seroit presque jamais un embarras. Par exemple, qu'il faille mettre de quelques années plus tôt ou plus tard, ou la fondation de Rome, ou la naissance de Jés as-Christ, vous avez pu reconnoître que cette diversité ne fait rien à la suite des histoires ni à l'accomplissement des conseils de Dieu. Vous devez éviter les anachronismes qui brouillent l'ordre des affaires, et laisser disputer des autres entre les savants.

Je ne veux non plus charger votre mémoire du compte des olympiades, quoique les Grecs, qui s'en servent, les rendent nécessaires à fixer les temps. Il faut savoir ce que c'est, afin d'y avoir recours dans le besoin : mais, au reste, il suffira de vous attacher aux dates que je vous propose comme les plus simples et les plus suivies, qui sont celles du monde jusqu'à Rome, celles de Rome jusqu'à Jésus-Christ, et celles de Jésus-Christ dans toute la suite.

Mais le vrai dessein de cet Abrégé n'est pas de vous expliquer l'ordre des temps, quoiqu'il soit absolument nécessaire pour lier toutes les histoires et en montrer le rapport. Je vous ai dit, Monseigneur, que mon principal objet est de vous faire considérer, dans l'ordre des temps, la suite du peuple de dieu et celle des grands empires.

Ces deux choses roulent ensemble dans ce grand mouvement des siècles, où elles ont, pour ainsi dire, un même cours1 ; mais il est besoin, pour les bien entendre, de les détacher quelquefois Tune de l'autre, et de considérer tout ce qui convient à chacune d'elles.

1 Remarquez la majesté de cette phrase, la beauté de la métaphore qu'elle renferme. Il était aisé de développer les images, et de dire, par exemple : Le fleuve des siècles entraîne à la fois dans son vaste courant, etc. Mais ce Kyle aurait ronins de sobriété et de force; le coloris nuirait à la pensée.

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