‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 104 sur 339 · Beg., z; II Par., vm, ix · texte numérisé non relu

Beg., z; II Par., vm, ix

navigation et le bon ordre, avec une paix profonde, avaient rendu Jérusalem la plus riche ville de l'Orient. Le royaume était tranquille et abondant ; tout y représentait la gloire céleste. Dans les combats de David, on voyait les travaux par lesquels il la fallait mériter ; et on voyait dans le règne de Salomon combien la jouissance en était paisible.

Au reste l'élévation de ces deux grands rois et de la famille royale fut l'effet d'une élection particulière. David célèbre lui-même la merveille de cette élection par ces paroles * : « Dieu a choisi les princes dans la tribu de Juda. Dans la maison de Juda, il a choisi la maison de mon père. Parmi les enfants de mon père, il lui a plu de m'élire roi sur tout son peuple d'Israël; et, parmi mes enfants (carie Seigneur m'en a donné plusieurs), il a choisi Salomon pour être assis sur le trône du Seigneur, et régner sur Israël >.

Cette élection divine avait un objet plus haut que celui qui paraît d'abord. Ce Messie tant de fois promis comme le fils d'Abraham devait aussi être le fils de David et de tous les rois de Juda. Ce fut en vue du Messie et de son règne éternel que Dieu promit à David que son trône subsisterait éternellement. Salomon, choisi pour lui succéder, était destiné à représenter la personne du Messie. C'est pourquoi Dieu dit de lui : « Je serai son père, et il sera mon fils' », chose qu'il n'a jamais dite d'aucun roi ni d'aucun homme.

Aussi, du temps de David et sous les rois ses enfants, le mystère du Messie se déclare-t-il plus que jamais par des prophéties magnifiques et plus claires que le soleil.

David l'a vu de loin, et l'a chanté dans ses psaumes avec une magnificence que rien n'égalera jamais. Souvent il ne pensait qu'à célébrer la gloire de Salomon, son fils; et tout d'un coup, ravi, hors de lui-même et transporté bien loin au delà, il a vu celui c qui est plus que Salomon en gloire » aussi bien « qu'en sagesse ^ ». Le Messie lui a paru assis sur un trône plus durable que le soleil et que la lune. Il a vu à ses pieds « toutes les nations » vaincues, et ensemble « bénites en lui* », conformément à la promesse faite à Abraham. Il a élevé sa vue plus haut encore : il l'a vu « dans

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