‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 105 sur 339 · Matth.,Ti, 29; xu · texte numérisé non relu

Matth.,Ti, 29; xu

i.Psal., LXXJ, 5, 11,17.

les lumières deg saints, et devant l'aurore, sortant éternellement du sein » de son père, « pontife éternel », et sans successeur, ne succédant aussi à personne, créé extraordinairement, non selon l'ordre d'Aaron, mais « selon l'ordre de Melchisédech », ordre nouveau, que la loi ne connaissait pas. Il l'a vu « assis à la droite de Dieu », regardant du plus haut des cieux « ses ennemis abattus ». Il est étonné d'un si grand spectacle et, ravi de la gloire de son fils, il l'appelle « son Seigneur 1 ».

Il l'a vu « Dieu, que Dieu avait oint » pour le faire régner sur toute la terre « par sa douceur, par sa vérité et par sa justice^ ». Il a assisté en esprit au conseil de Dieu, et a ouï de la propre bouche du Père éternel cette parole qu'il adresse à son Fils unique : « Je t'ai engendré aujourd'hui », à laquelle Dieu joint la promesse d'un empire perpétuel, « qui s'étendra sur tous les gentils et n'aura point d'autres bornes que celles du monde^. Les peuples frémissent en vain; les rois et les princes font des complots inutiles ». Le Seigneur se rit du haut des cieux* de leurs projets insensés, et établit malgré eux l'empire de son Christ. Il l'établit sur eux-mêmes, et il faut qu'ils soient les premiers sujets de ce Christ dont ils voulaient secouer le joug -^ Et, encore que le règne de ce grand Messie soit souvent prédit dans les Écritures sous des idées ^ magnifiques, Dieu n'a point caché à David les ignominies de ce béni fruit de ses entrailles. Cette instruction était nécessaire au peuple de Dieu. Si ce peuple encore infirme avait besoin d'être attiré par des promesses iemporelles, il ne fallait pourtant pas lui laisser regarder les grandeurs humaines comme sa souveraine félicité et comme son unique récompense : c'est pourquoi Dieu montre de loin ce Messie tant promis et tant désiré, le modèle de la perfection et l'objet de ses complaisances, abîmé dans sa douleur. La croix paraît à David comme le trône véritable de ce nouveau roi. Il voit « ses mains et ses pieds percés,

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