IV Rea., XXV
Dieu n'épargna pas son sanctuaire. Ce beau temple, l'ornement du monde, qui devait être éternel si les enfants d'Israël eussent persévéré dans la piété*, fut consumé par le feu des Assyriens. C'était en vain que les Juifs disaient sans cesse : « Le temple de Dieu, le temple de Dieu, le temple de Dieu est parmi nous 2», comme si ce temple eût dû les protéger tout seul. Dieu avait résolu de leur faire voir qu'il n'était point attaché à un édifice de pierre, mais qu'il voulait trouver des cœurs fidèles. Ainsi il détruisit le temple de Jérusalem, il en donna le trésor au pillage ; et tant de riches vaisseaux ^ consacrés par des xois pieux furent abandonnés à un roi impie.
Mais la chute du peuple de Dieu devait être l'instruction de tout l'univers. Nous voyons en la personne de ce roi impie, et ensemble victorieux, ce que c'est que les conquérants. Ils ne sont pour la plupart que des instruments de la vengeance divine. Dieu exerce par eux sa justice, et puis il l'exerce sur eux-mêmes. Nabuchodonosor, revêtu de la puissance divine et rendu invincible par ce ministère, punit tous les ennemis du peuple de Dieu. Il ravage les Iduméens, les Ammonites et les Moabites ; il renverse les rois de Syrie ; l'Egypte, sous le pouvoir de laquelle la Judée avait tant de fois gémi, est la proie de ce roi superbe et lui devient tributaire* ; sa puissance n'est pas moins fatale à la Judée même, qui ne sait pas profiter des délais que Dieu lui donne. Tout tombe, tout est abattu par la justice divine, dont Nabucbodonosor est le ministre : il tombera à son tour, et Dieu, qui emploie la main de ce prince pour châtier ses enfants et abattre ses ennemis, le réserve à sa main toutepuissante.