‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 117 sur 339 · Dom., v · texte numérisé non relu

Dom., v

9. Ici luxe, comme souvent en latin luxus, signifie di'hawhj.

une main céleste écrit des paroles terribles sur la muraille de la salle où se faisait le festin. Daniel en interprète le sens; et ce prophète, qui avait prédit la chute funeste de l'aïeul, fait voir encore au petits-fils la foudre^ qui va partir pour l'accabler. En exécution du décret de Dieu, Cyrus se fait tout à coup une ouverture dans Babylone. L'Euphrate, détourné dans les fossés qu'il lui préparait depuis si longtemps, lui découvre son lit immense : il entre par ce passage imprévu. Ainsi fut livrée en proie «aux Mèdes, et aux Perses, et à Cyrus», comme avaient dit les prophètes, «cette superbe Babylone^». Ainsi périt avec elle le royaume des Chaldéens, qui avait détruit tant d'autres royaumes'', « et le marteau qui avait brisé tout l'univers fut brisé lui-même ». Jérémie l'avait prédit*. Le Seigneur « rompit la verge dont il avait frappé tant de nations ». Isaïe l'avait prévu ^. Les peuples accoutumés au joug des rois chaldéens les voient eux-mêmes sous le joug : « Vous voilà, dirent-ils^, blessés comme nous; vous êtes devenus semblables à nous, vous qui disiez dans votre cœur : « J'élèverai mon trône au-des- « sus des astres, et je serai semblable au Très-Haut ». C'est ce qu'avait prononcé le même Isaïe. « Elle tombe, elle tombe », comme l'avait dit ce prophète', «cette grande Babylone, et ses idoles sont brisées. Bel est renversé, et Nabo», son grand dieu, d'où les rois prenaient leur nom, «tombe par terre ^ » : car les Perses, leurs ennemis, adorateurs du soleil, ne souffraient point les idoles ni les rois qu'on avait faits dieux. Mais comment périt cette Babylone? comme les prophètes l'avaient déclaré. « Ses eaux furent desséchées », comme avait prédit Jérémie ^, pour donner passage à son vainqueur : enivrée, endormie, trahie par sa propre joie, selon le même prophète, elle se trouva au pouvoir de ses

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