‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 128 sur 339 · Ibid,, XI · texte numérisé non relu

Ibid,, XI

SUITE DE LA RELIGION i71

feu dans le temple; tout le pays ruiné avec la ville capitale; des meurtres, des violences, un roi qui les autorise. Dieu a pitié de son peuple abandonné : il s'en rend lui-même le pasteur; et sa protection le soutient. A la fin il s'allume des guerres civiles, et les affaires vont en décadence. Le temps de ce changement est désigné par un caractère certain, et trois pasteurs, c'est-à-dire, selon le style ancien, trois princes dégradés en un même mois, en marquent le commencement^

Au milieu de ces malheurs paraît encore un plus grand malheur. Un peu après ces divisions et dans les temps delà décadence. Dieu « est acheté trente deniers » par son peuple ingrat; et le prophète voit tout, jusques « au champ du potier ou du sculpteur » auquel cet argent est employé^. De là suivent d'extrêmes désordres parmi les pasteurs du peuple ; enfin ils sont aveuglés, et leur puissance est détruite^.

Que dirai-je de la merveilleuse vision de Zacharie, qui voit « le pasteur frappé et les brebis dispersées » ? Que dirai-je « du regard que jette le peuple sur son Dieu qu'il a percé* », et des larmes que lui fait verser une mort plus lamentable que celle d'un fils unique' et que celle de Josias? Zacharie a vu toutes ces choses; mais ce qu'il a vu de plus grand, « c'est le Seigneur envoyé par le Seigneur pour habiter dans Jérusalem, d'où il appelle les gentils pour les agréger à son peuple® et demeurer au milieu d'eux' ».

Aggée dit moins de choses, mais ce qu'il dit est surprenant. Pendant qu'on bâtit le second temple, et que les vieillards qui avaient vu le premier fondent en larmes en comparant la pauvreté de ce dernier édifice avecla magnificence de l'autre^, le prophète, qui voit plus loin, publie la gloire du second temple et le préfère au premier^. Il explique d'où

i. zach., XI, 8.

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