Uéb., vu, i, 2, 3 et seq
gneurs; et Joseph, que Jacob aima plus que tous ses autres enfants. Là se déclarent de nouveaux secrets de la providence divine. On y voit avant toutes choses l'innocence et la sagesse du jeune Joseph toujours ennemie des vices et soigneuse de les réprimer dans ses frères ; ses songes mystérieux et prophétiques; ses frères jaloux, et la jalousie cause pour la seconde fois d'un, parricide (2276— 1728) ; la vente de ce grand homme; la fidélité qu'il garde à son maître, et sa chasteté admirable (2287 — 1717); les persécutions qu'elle lui attire; sa prison et sa constance; ses prédictions ; sa délivrance miraculeuse ; cette fameuse explication des songes de Pliaraon (2289 — 1713); le mérite d'un si grand homme reconnu ; son génie élevé et droit, et la protection de Dieu qui le fait dominer partout où il est ; sa prévoyance; ses sages conseils, et son pouvoir absolu dans le royaume de la basse Egypte ; par ce moyen le salut de son père Jacob et de sa famille.
Celte famille chérie de Dieu s'établit ainsi (2298—1706) dans cette partie de l'Egypte dont Tanis était la capitale, et dont les rois prenaient tous le nom de Pharaon. Jacob meurt (2315 — 1689), et un peu devant sa mort il fait cette célèbre prophétie où, découvrant à ses enfants l'état de leur postérité, il découvre en particulier à Juda le temps du Messie qui devait sortir de sa race. La maison de ce patriarche devient un grand peuple en peu de temps : cette prodigieuse multiplication excite la jalousie des Égyptiens ; les Hébreux sont injustement haïs, et impitoyablement persécutés ; Dieu fait naître Moïse leur libérateur (2433 — 1571), qu'il délivre des eaux du Nil, et le fait tomber entre les mains de la fille de Pharaon : elle l'élève comme son fils, et le fait instruire dans toute la sagesse des Égyptiens.
En ces temps, les peuples d'Egypte s'établirent en divers endroits delà Grèce. La colonie que Gécrops amena d'Egypte fonda douze villes, ou plutôt douze bourgs (2448 — 1556), dont il composa le royaume d'Athènes, et où il établit, avec les lois de son pays, les dieux qu'on y adorait. Un peu après arriva le déluge de Deucalion dans la Thessalie, confondu par les Grecs avec le déluge universel. Hellen, fils de Deucahon, régna en Phthie, pays de la Thessalie, et donna son nom à la Grèce. Ses peuples, auparavant appelés Grecs, prirent toujours depuis le nom d'Hellènes, quoique les Latins leur aient conservé leur ancien nom. Environ le
même temps Cadmus, fils d'Agénor, transporta en Grèce une colonie de Phéniciens, et londa'^la ville de Thèbes dans la Béotie. Les dieiix'de Syrie et de Pliénicie entrèrent avec lui dans la Grèce.
Cependant Moïse s'avançait en âge. A quarante ans (2473 — 1531), il méprisa les richesses de la cour d'Egypte, et, touché des maux de ses frères les Israélites, il se mit en péril pour les soulager. Ceux-ci, loin de profiter de son zèle et de son courage, l'exposèrent à la fureur de Pharaon, qui résolut sa perte. Moïse se sauva d'Egypte en Arabie, dans la terre de Madian, où ?a vertu', toujours secourable aux oppressés, lui fit trouver une retraite assurée. Ce grand homme, perdant l'espérance de délivrer son peuple, ou at- •tendant un meilleur temps, avait passé quarante ans à paître les troupeaux de son beau-père Jéthro(2513 — 1491), quand il vit dans le désert le buisson ardent et entendit la voix du Dieu de ses pères qui le renvoyait en Egypte pour tirer ses frères de la servitude. Là paraissent l'humilité, le courage et les miracles de ce divin législateur ; l'endurcissement de Pharaon, et les terribles châtiments que Dieu lui envoie ; la Pàque, et le lendemain le passage de la mer Rouge ; Pharaon et les Égyptiens ensevelis dans les eaux, et l'entière délivrance des Israélites.