‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 154 sur 339 · Jbta., m · texte numérisé non relu

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le lépand avec mesure, afin que notre faiblesse le puisse porter.

Quoiqu'il soit envoyé pour tout le monde, il ne s'adresse d'abord qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël, auxquelles il était aussi principalement envoyé; mais il prépare la voie à la conversion des Samaritains et des gentils. Une femme samaritaine le reconnaît pour le Christ que sa nation attendait aussi bien que celle des Juifs, et apprend de lui le mystère du culte nouveau qui ne serait plus attaché à un certain lieu *. Une femme chananéenne et idolâtre lui arrache, pour ainsi dire, quoique rebutée, la guérison de sa lille-. Il reconnaît en divers endroits les enfants d'Abraham dans les gentils^, et parle de sa doctrine comme devant être prêchée, contredite et reçue par toute la terre. Le monde n'avait jamais rien vu de semblable, et ses apôtres en sont étonnés. Il ne cache point aux siens les tristes épreuves par lesquelles ils devaient passer. Il leur fait voiries violences et la séduction employées contre eux, les persécutions, les fausses doctrines, les faux-frères, la guerre au dedans et au dehors, la foi épurée par toutes ces épreuves ; à la fin des temps, l'affaiblissement de cette foi * et le refroidissement de la charité parmi ses disciples '" ; au milieu de tant de périls, son Église et la vérité toujours invincibles ''.

Voici donc une nouvelle conduite et un nouvel ordre de choses : on ne parle plus aux enfants de Dieu de récompenses temporelles ; Jésus-Christ leur montre une vie future, et, les tenant suspendus dans cette attente, il leur apprend à se détacher de toutes les choses sensibles. La croix et la patience deviennent leur partage sur la terre, et « le ciel » leur est proposé comme devant « être emporté de force''». Jésus-Christ, qui montre aux hommes cette nouvelle voie, y entre le premier ; il prêche des vérités pures qui étourdissent les hommes grossiers, et néanmoins

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