Joann., i
Tout se soutient en sa personne : sa vie, sa doctrine, ieê miracles. La même vérité y reluit partout ; tout concourt à y faire voir le maître du genre humain et le modèle de la perfection.
Lui seul vivant au milieu des hommes, et à la vue de tout le monde, a pu dire sans craindre d'être démenti : « Qui de vous me reprendra de péché * »? Et encore : « Je suis la lumière du monde ; ma nourriture est de faire la volonté de mon Père; celui qui m'a envoyé est avec moi, et ne me laisse pas seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît- >.
Ses miracles sont d'un ordre particulier et d'un caractère nouveau. Ce ne sont point « des signes dans le ciel >, tels que les Juifs les demandaient' : il les fait presque tous sur les hommes mêmes, et pour guérir leurs infirmités. Tous ces miracles tiennent plus de la bonté que de la puissance, et ne surprennent pas tant les spectateurs qu'ils les tou-chent dans le fond du cœur. Il les fait avec empire * : les démons et les maladies lui obéissent; à sa parole les aveugles-nés reçoivent la vue, les morts sortent du tombeau, et les péchés sont remis. Le principe en est en lui-même ; ils coulent de source. « Je sens, dit-il ^, qu'une vertu est sortie de moi ». Aussi personne n'en avait-il fait ni de si grands ni en si grand nombre ; et toutefois il promet que ses disciples feront en son nom encore « plus de grandes choses^ », tant est féconde et inépuisable la vertu qu'il porte en luimême.
Qui n'admirerait la condescendance avec laquelle il tempère la hauteur de sa doctrine? C'est du lait pour les enfants, et tout ensemble du pain pour les forts. On le voit plein des secrets de Dieu, mais on voit qu'il n'en est pas étonné comme les autres mortels à qui Dieu se communique: il en parle naturellement, comme étant né dans ce secret et dans cette gloire ; et « ce qu'il a sans mesure ' », il